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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 12:45


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En ce pays, âmes damnées, vous refusez l'éternel sommeil. Quand sonne le glas dans les brumes léchant les flots noirs, quand ressurgissent les rives spectrales des citées englouties. En ce pays, enfants d'Elfinesse, les corolles de fleurs sous les sylves d'émeraude frémissent quand dansent vos pieds légers. En ce pays gambadent pourvoyeurs de mort et génies créateurs, du silence solennel des tertres au timbre cristallin des fontaines.


Et par la bouche de son peuple s'extirpe la geste des héros d'antan. Guerriers somptueux en quête de chimères sur ces palabres fantastiques chevauchant, insufflant la vie à l'acier de leurs armes. Ceux qui ne voient plus, iris voilé par tant d'années vécues, chantent les périls et la hardiesse des valeureux. Intrépides conquérants attisés par vierges contrées, la beauté de leurs flancs prometteurs !


Que rêvent encore nos enfants, les doigts effleurant la bruyère des landes, caressant le grain brut et froid des pierres levées, regards envoûtés par le ballet des astres. Que les plaies d'amour de leurs aïeux, sur leurs lèvres s'amendent en doux fleuves de miel. Que le sang versé les maintiennent debout, fiers et remarquables. Qu'ils soient la sève des mythes anciens !


Que rêvent encore nos enfants, la tête posée sur le giron de leur histoire, sereins, empreints de gratitude, semence flamboyante du fertile devenir.


Par La fée déglinguée - Publié dans : mes écrits
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 12:32

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Quand accablé, sur ton front l'ombre impitoyable des carnages endurés, tu erreras sous les denses frondaisons, le pas lourd de tant de lieues enchainées. Quand le chaos, à ton esprit et ton regard las, dérobera le chemin, dès lors, plante ton épée en cette terre qui est mienne et ne cherche plus. Vois ! Dans l'air virevoltent mille chatoyants flocons, doux pollens sous le soleil. Et les rayons de l'astre s'immiscent entre les ramures, se déployant en flaques mordorées sur la jonchée des sous-bois.


La rivière est proche, apaise ta soif dans la pureté de ses ondes. Repose ton dos fourbu contre ces roches aux vertes mantes. Laisse tes mains frôler la peau parfumée des saules, les galons entrelacés du lierre, l'éventail dentelé des fougères. Entends-tu les claires ritournelles des oiseaux ? Ils récitent pour toi les lais que je leur ai enseignés.  L'air clément du crépuscule viendra panser tes plaies, car de mon être tout entier il émane, tel un onguent bienfaisant.


Bientôt je murmurerai ton nom. Des mondes souterrains à la cime des arbres, s'annoncera la gent de mon royaume, en un luminescent cortège, leur leste foulée dans la mienne.


Sous l'éclisse de lune, sourire divin transcendant le noir visage de la nuit, je danserai pour toi. Que tes paupières ne cillent pas lorsque mes bras t'enlaceront ou le temps, à jamais, nous dérobera l'un à l'autre. Sous l'étreinte, reste éveillé mon aimé, révélé à toi même sans crainte. Comme le fleuve se dissout dans la mer, s'évanouiront tes torpeurs passées. Nul cri, nulle supplique, nul combat car apaisé, de mon peuple tu deviendras souverain ! Et les mortels passeront là, devant l'écrin sinople de nôtre trône. Pèlerins au message d'amour, ils s'inclineront face à l'immuable.


Et s'ils s'abîment, de désespoir l'âme rompue, notre étoile ne manquera jamais de rayonner en amont de leur calvaire. De nos bras ouverts à leurs prières, s'échapperont mouettes et cormorans, leurs mélopées plaintives en hymne éternel à ceux que l'océan garde jalousement. Nos enfants chuchoteront et joueront auprès de leurs demeures et s'en feront les gardiens fabuleux. Nous garderons vivaces les brasiers offerts à la musique de leurs flûtes et de leurs vasques de bronze. Voilà pour eux afin qu'ils content à leurs têtes blondes, notre union sacrée.




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Par La fée déglinguée - Publié dans : mes écrits
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 10:08

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En ce monde, il y a mon amour. Il n'est plus mon amour. Il marche, peu importe où il part, peu importe dans quelle mer il se jette, il oublie. Il n'est plus mon amour et cherche dans le voeu des regards, dans les bras des nymphes, sur leurs bouches, cherche en illusoire et vaine quête où son corps et son visage sauraient ne point mourir.

Je tourne vers les Dieux, en prières ferventes, ma face blême de passion et de mort. Afin qu'ils lui prêtent vaisseau, gouvernent les vents et le détournent des récifs. Pour qu'il ne sombre jamais et s'éloigne sourire aux lèvres, prunelles claires et radieuses, affranchi. Pour qu'il s'éloigne tandis que je me fais rivage, dans le deuil, immobile. Seuil stérile où se fracassent les vagues soulevées au sillage de ce navire.

En ce monde il y a mon amour. Il n'est plus mon amour. Son souffle, violemment, en mille éclats m'a brisée. Subsistent quelques pierres de lumière disparates sur l'écueil sombre de ses pensées. Mille souvenirs au firmament accrochés, vaste nébuleuse. Mais s'il faut me suspendre morcelée dessous l'Orion, je m'abandonnerai aux soupirs de la terre en attendant ces aurores. Ces aurores plus belles encore lorsqu'elles s'annoncent aux regards plein de larmes.

 Et je verrai alors, dissimulée derrière l'azur, gonfler sous le soleil les robes moirées et délicates des aubépines. Je verrai l'intime marais fleuri, l'épi doublé de l'ivraie au temps des moissons. Marguerites, bleuets et coquelicots pour piquer l'étendue veloutée des champs d'avoine. Et puis l'arbre, seul au coeur de la plaine, où les oiseaux ne trouvent plus refuge, pour des cieux plus cléments envolés.

 En ce monde il y a mon amour. Il n'est plus mon amour.Il aura tout dévoré, aura tout dévasté. J'aurai donné jusqu'à ma quintessence, jusqu'à la moelle de mes os. Et je demeurerai, citadelle déchue, disloquée. Qu'il prenne ce qui reste encore, les sphères qu'il explore se font mon allégeance. A son insu je demeure près de lui, comme une ombre fidèle ... et invisible. A son insu, ma solitude est son étoile, mes ultimes lueurs sur le grand vélin noir où il fraie son chemin.

 Il ne se souviendra pas qui l'a tant aimé et l'éclaire de loin. Il n'en saura plus rien.




In this world, there is my love. He's not my love anymore. He's walking, no matter where he leaves, no matter into which sea he flows, he's forgetting. He's not my love anymore and goes to get in the wish of looks, in the arms of nymphs, on their mouths, goes to get in illusory and vain quest where his body and his face would know how not to die.

 I turn to the Gods, in fervent prayers, my pallid face of passion and death. So that they lend him vessel, govern winds and divert him from reef. So that he never sinks and goes away smile on lips, clear and radiant apple of his eyes, liberated. So that he goes away whereas I made me bank, in the mourning, immovable. Sterile threshold where smashing waves raised in the wake of this ship.

 In this world, there is my love. He's not my love anymore. His breath, violently, shattering me in one thousand fragments. Some stones of light remain , disparate on the dark pitfalls of his thoughts. One thousand memories hung up on the firmament, vast nebula. But if it is necessary to suspend me, split below Orion, I shall give me up to the ground sighs by waiting for these dawns. These still more beautiful dawns when they announce them in the eyes height of tears.

 And then I shall see, hidden behind the azure, blowing up under the sun the watered and delicate dresses of hawthorns. I shall see the quiet flowery swamp, the spur doubled by the ryegrass in the harvest time. Marguerites, cornflowers and poppies to prick the velvety fields of oat's extent . And then the tree, alone in the heart of the plain, where birds do not find refuge anymore, for more clement heavens flew off.

 In this world, there is my love. He's not my love anymore. He will have all devoured, will have destroyed everything. I will have gave away up to my quintessence, up to the marrow of my bones. And I shall live, fallen citadel, dislocated. Let him takes what still stays, the spheres which it investigates will be getting my allegiance. Without him knowing I live near him, as a faithful shadow ... and invisible. Without him knowing, my solitude is his star, my ultimate glimmers on the big black vellum where he clears his road.

He will not remember who loved him so much and lights him by far. He will know nothing more about it.



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Par La fée déglinguée - Publié dans : mes écrits
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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /2009 15:37





Les manteaux noirs ont céssé de ployer sur le champ des martyrs et les vagabonds, enfants ou impies, dans leurs flâneries, rêvent. Ils rêvent, devant la plaine, à ceux qui sous la lune marchent, s'égarent au hasard et toujours reviennent, troupe grave et fidèle. Tous voient leurs armes au sépulcre reluire. Et les visages éteints et les plaintes lugubres.


Pour eux, la langue a conté, par eux elle a vécu. Ils se sont brisés sur une terre ingrate. Le fils s'est couché sur le sein de l'aïeul. Coeurs exhaltés ou troublés, leurrés peut-être et  figés là, à jamais. Le sang pour abreuver la lice,  jusqu'au lit des rivières.

C'est pour eux que s'embrasent les nuées et que vibre l'air à l'annonce des nuits froides. L'alcôve sombre contemple le silence, l' hymne fait à ces morts. Et leurs os, sous la lie écumeuse des marais, sous cette prairie à l' herbe moirée, enfantent encore les brumes. Ainsi parlent-ils aux vivants.


Pour eux a pleuré tout un peuple. L'éclat vif de leurs prunelles infiniment plus beau quand leurs mains, doucement, essuyaient ces larmes. Les prières plus poignantes, les chants plus intenses, scandés entre ces lèvres si souvent obligées de pudeur.


Les couronnes de fleurs, du front des vierges antiques échouèrent  aux croix des calvaires. Les corolles, désormais flétries, s'éternisent, leur velin délavé frémissant au vent secret des croyances d'antan. Car il fut un temps où les dieux, au crépuscule des batailles, hissaient les nuages ardents, tels mille sequins d'or, comme les guerriers suspendaient aux demeures leurs trophées . Un temps où les dieux, lorsque se taisait le jour, rendaient aux abîmes leurs étoiles et aux âmes des braves, la gloire.



 

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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Jeudi 9 juillet 2009 4 09 /07 /2009 15:01









Un soir, sorti des flots, des vents de tempête et des pluies d'orage, j'ai vu le géant fouler les galets noirs.

 
Je me souviens. Les abominables craquements du ventre des navires, les cris lointains portés par les rafales. Les lames furieuses, les mâts rompus. Les lampées d'eau salée, vomies, enflammant mes narines. Mes compagnons terrifiés tandis que se déchiraient les voiles. Les voiles, lambeaux de suaire épousant leurs corps épars, ces amas de chair viride poussés par les vagues jusqu'aux rives. Seul rescapé, je l'ai vu.
 
J'ai vu le géant, j'ai entendu sa voix tonner dans l'air glacial. Les rugissements sinistres de la mer dans les grottes profondes.
 
Je sais que ses filles ont attendu à l'antre des cavernes infernales, leurs  nageoires claquant joyeusement sur les roches. Au creux de leurs paumes luisantes tinte désormais notre or. Je sais que des derniers coffres échoués, s'égrennent nos perles sur leurs écailles. Allanguies sur les lits de varech, elles lèvent haut leurs mentons laiteux, miroirs au poing, l'ourlet bleuté de leurs lèvres esquissant cruels sourires.
 
J'ai vu le géant, les ailes des goëlands frémissaient dans sa barbe, dans sa toison ivoirine. Et son casque éminent pour fendre les brumes.
 
J'ai détourné mon regard, aveuglé par l'éclat de son glaive d'airain. L'écume léchait l'ambre rutilant de ses jambières. Sa bouche a happé tous les vents du ciel et la grande conque a vrombit dans sa main. Mes entrailles hurlant, ma bouche muette, tandis que la tourmente glorifiait le titan. Les oiseaux enfin ont deserté les écueils et la foudre a déchiré les cieux.
 
J'ai vu le géant avancer sur la grève, surgir du fond des eaux une défunte armée. Gémissant, serpentant dessous l'arche vertigineuse de ses jambes.
 
Son bras s'est élevé, d'un vaste revers a drossé le cortège nébuleux des damnés au delà des falaises. Je ne dois mon salut qu'à mes prières et à toi mon aimée, empoignant l'amulette dont tu ceignis mon cou. Une nuée d'oiseaux noirs pour m'enlacer et me dérober à la vue du colosse qui soudain, maitrisa ses élans belliqueux. Car à l'horizon jaillissait l'ainé du ciel et de la terre, au visage radieux, aux tresses d'or.
 
J'ai vu s'affronter nos dieux en une lutte formidable, s'étreindre et ravager le lais des rivages dans leur danse démente. J'ai vu le géant épaule contre terre.
 
Et sur sa nuque résignée, afin que ressurgisse la lumière, la lance souveraine de "Celui qui toujours frappe juste". Lui dont l'esprit transcendant a parlé:  " Je sécherai les larmes des vivants ! Le miel de mes rayons lavera le sel qui ronge leurs coeurs ! La paix en eux, debouts face au large. Ces femmes, ces enfants face au large, priant  pour les âmes ravies des époux et des pères. J'ai dit ! "

 
Un matin, devant la mer calme, je t'ai vue prosternée avec les nôtres. A en perdre haleine, j'ai couru. J'ai couru  vers tes bras tendus.



A Erwan, dont les oeuvres, l'univers et l'âme m'ont toujours inspirée.



Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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