Lundi 14 juin 2010
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15:43
J'ai trop longtemps laissé en friche ce blog ! Il m'est toutefois impossible
de l'alimenter régulièrement, de par ma nature déjà :p et par manque de temps. Mais histoire de donner signe de vie ici visiteur(s ? ^^ ), voici le petit dernier sorti de sous la mine
de mon crayon gris comme on dit ici, en ma nouvelle patrie bretonne. A bientôt plusse tard on verra quand :)

Par La fée déglinguée
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Publié dans : viendez voir!
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Lundi 22 février 2010
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14:38
( illustration sonore: http://www.youtube.com/watch?v=jNn6EugSTNA )
Je chantais ton nom dans ce jardin. Roi de tout mon univers, tu dors maintenant sous le tertre où décline le soleil. Ton palais n'est plus qu'un amas de ruines. Les cerfs viennent paître la mousse
épaisse au pied des murs délabrés. Triste bâtisse où tu rêvais d'éternité, où je rêvais d'amour. Et nous nous sommes réveillés dans les larmes. Les Dieux de toutes choses, en créant la douleur se
sont donc surpassés. Et tout est si calme désormais. Juste une brise de printemps. Les saules frémissent au bord de l'étang, les roseaux empanachés oscillent légèrement. Ce jardin où je déambule
enfin en paix.
J'attends là, sise sous le treillis émaillé du verger. Les jacinthes, les mille parfums des bois embaument l'air du soir. Puis la brise d'enfler en un vent chahuteur, secouant les pommiers fleuris.
Je contemple la délicate pluie de pétales virevolter jusqu'entre les pierres éparses. Plus bas à chaque instant, le duvet filandreux des nuages dans l'éther rose. L'orage approche, mes mains sont
fraiches. Quelques éclairs jaillissent sans bruit, le ciel semble palpiter pour finalement craquer. Le doux crépitement de la pluie et le grondement du tonnerre, en vibrante étreinte se déploient
dans les airs.
Je regarde surgir de l'horizon ce cavalier, comme tout droit descendu des sombres nuées. Est-ce celui que j'espérais ? Je n’emprunte pas les sentiers de la certitude mais je quitte ceux du néant.
Je dois laisser ton fantôme sonder la nuit qui l'emprisonne. Il pourra errer sans trêve dans les ténèbres, les charger, se débattre, il n'en sortira pas. Je n'entendrai rien, tournée vers ce
seigneur qui à bride abattue me rejoint. A l'unisson résonnent mon coeur et l'impétueux galop du cheval.
Homme brave et mélancolique, te voici près de moi, à me tendre la main. Dans l'ombre bleue du jardin, j'embrasse la chaleur de cette paume, la pose contre ma joue. Fils des tourmentes,
sur ta monture imperturbable tandis que se déchainent les cieux. Ta caresse me révèle ce que je pensais avoir perdu. Aimer, aimer en offrande absolue. A mon tour je peux, comme le vent souffle sur
le tison et ravive sa flamme, exalter ton âme. La nuit, les bassins des fontaines sont plus beaux encore lorsqu'ils s'emparent des étoiles, ainsi laisse-moi scintiller dans l'eau noire de tes
prunelles !
Sous la pluie, ton doux sourire pour éclairer sombre visage. Sous la pluie je suis face à toi telle ces fleurs qui à l'aube ploient couvertes de rosée puis devant le soleil se redressent. Toi, dont
le front humilie l'astre des jours, de tout mon être te fais lumière nouvelle et de mon fardeau me libères. Légère, je monte à tes côtés, je respire les parfums de ta chevelure de jais, ceux de ton
cou. Ces arômes m'évoquent les crépuscules d'été, quand se dissipent les dernières fumées des herbes brûlés. Le coquelicot doit puiser la fragrance de sa pourpre en ton sang. Je m'enivre de ce
corps sur lequel je penche le mien.
Je chantais ton nom dans ce jardin. Roi de tout mon univers, tu dors maintenant sous le tertre où décline le soleil. Ton palais n'est plus qu'un amas de ruines. Affranchie des neiges passées et des
brumes de l'avenir, je peux fermer les portes de ce domaine. Mais dans la serrure j'ai laissé la clé, pour d'autres amants, d'autres enfants.
Le trait éclatant de la foudre vient de heurter les flancs délavés de la contrée. Je m'en vais.
Par La fée déglinguée
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Lundi 8 février 2010
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12:45
En ce pays, âmes damnées, vous refusez l'éternel sommeil. Quand sonne le glas dans les brumes léchant les flots noirs, quand ressurgissent les rives spectrales des citées englouties. En ce pays,
enfants d'Elfinesse, les corolles de fleurs sous les sylves d'émeraude frémissent quand dansent vos pieds légers. En ce pays gambadent pourvoyeurs de mort et génies créateurs, du silence solennel
des tertres au timbre cristallin des fontaines.
Et par la bouche de son peuple s'extirpe la geste des héros d'antan. Guerriers somptueux en quête de chimères sur ces palabres fantastiques chevauchant, insufflant la vie à l'acier de leurs armes.
Ceux qui ne voient plus, iris voilé par tant d'années vécues, chantent les périls et la hardiesse des valeureux. Intrépides conquérants attisés par vierges contrées, la beauté de leurs flancs
prometteurs !
Que rêvent encore nos enfants, les doigts effleurant la bruyère des landes, caressant le grain brut et froid des pierres levées, regards envoûtés par le ballet des astres. Que les plaies d'amour de
leurs aïeux, sur leurs lèvres s'amendent en doux fleuves de miel. Que le sang versé les maintiennent debout, fiers et remarquables. Qu'ils soient la sève des mythes anciens !
Que rêvent encore nos enfants, la tête posée sur le giron de leur histoire, sereins, empreints de gratitude, semence flamboyante du fertile devenir.
Par La fée déglinguée
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