Les quais de gare, voilà qui m'est desormais assez famillier.Bretagne,ma
chère bretagne,mes pieds vont à nouveau fouler ta terre légendaire! Demain je m'en vais,sac de randonnée sur le dos,monter dans un TGV afin d'assister ce week-end ,au festival
Rockambullesque,direction Quimperlé.Un festival BD et rock où mon très cher archange gardien Erwan Seure-Le Bihan ( son site est proposé das la section liens de ce blog ) exposera
quelques-unes de ses oeuvres enchanteresses aux cotés de Virginie Ropars,créatrice de poupées,mais aussi Olivier Ledroit et Jean Baptiste Monge.Sans compter une pleiades d'autres artistes
tels que Lidwine,Philippe Bouveret,Bruno Brucero,j'en passe et des meilleurs.
Si vous désirez en savoir plus,cliquez ici: rockambullesque
Que tout et tous fassent silence.Elle a harrangué les dieux dans l'energie du desespoir afin qu'ils lancent sur son monde les ultimes foudres.Leurs mains posées sur la sienne,voici l'oeuvre malheureuse.La grande tour aux parements resplendissants lentement se recouvre de ronces noires,hydres voraces légions des ineptes angoisses .Les arbres alentours pourrissent pour n'être plus que mains noueuses ou griffues,tendues vers le ciel,éffigies enkylosées des prières déboutées.Les rivières se sont taries,les sources n'ont plus la force de sourdre,les mers se sont retirées.Plus rien au dessus,le néant qu'aucun astre ne pourra à nouveau silloner.Elle s'est élue unique maitresse de cette désolation,déambulant les membres glacés entre les ruines qu'elle a engendré sous la tutelle de son affliction,des insupportables chagrins.
Que tout et tous fassent silence au devant d'une souveraine à la couronne chancelante.Dans un bastion aux murs de ténèbres,une cour spectrale peuplée de créatures issues de ses chimères.Tous se croisent et nul ne se rencontre,nul ne voit l'autre.Elle seule peut fendre cette foule nébuleuse et l'embrasser du regard,elle seule a conscience de ce qu'elle a créé,matrice affligée de tristesse et de remords.Mais entre ces fantômes,elle a reconnu son aimé.Celui en qui elle avait cessé de croire,prisonnière de ses sempiternels tourments.Ses bras pour l'etreindre et ne se refermer que sur elle même.A genoux cette reine au trône de poussière,cette étoile morte aux pieds de son eternel amour,aux insaisissables pieds d'un mirage.
Que tout et tous fassent silence.Que la vie n'invite plus ses paupières à s'ouvrir
sur l'absence et la solitude.Qu'elle ne les scelle plus sur les songes où elle demeure en présence de son adoré.Elle s'est retirée.Il ne lui reste plus qu'à survivre,nourrie du sang deversé par
son propre coeur.Jusqu'à ce que ce sang déborde de ses yeux où toute lueur a définitivement disparu,de ses oreilles qui plus jamais ne percevront le son de sa voix,souffrance écarlate éparse sur
sa couche.Qu'il coule douloureusement de ses narines pour retourner à sa bouche dans un immuable cycle.Elle a offert son pied aux lanières cruelles d'un collet,elle a claqué les bracelets d'acier
autour de ses poignets déjà meurtris,a crocheté son cou à l'hameçon acéré.Tout cela,elle l'a fait consentante,indocile à la sagesse,affamée,assoiffée d'amour pour finalement agoniser,dupée par le
fruit de sa vanité et les faiblesses de son âme.
Comment puis-je oublier l’humilité avec toute ta richesse à mes cotés?
Et pourtant j’ai levé la tête,ta main sous mon menton.
Mais je ne suis qu’un oiseau fremissant au milieu de ton vaste ciel.
Je ne suis qu’un bourgeon vernal au flanc de ton écorce.
Les paroles des trouvères possèdent-elles la force necessaire,
mon verbe encore hesitant s’élèvera t-il assez haut pour te louer?
Je ne suis qu’un reflet sur la vague de ton fabuleux océan.
Rien d’autre que la pâle lune à la face de ton soleil.
Comment puis-je retenir mes larmes avec le souvenir de ton immensité?
Et pourtant elles savaient si bien se tarir,toi contre moi.
Mais je ne suis qu’une nuée de cendre offerte aux rafales de cette
histoire.
Je ne suis qu’un verset de ce cantique murmuré à son dénouement.
Les prières des profanes trouvent-elles égide indulgente,
mon tourment demeurera t-il à l’ombre de l’irrémédiable?
Je ne suis que l’empreinte des pas sur les arènes sablonneuses.
Rien d’autre que ce spectre rôdant le long d’une grève blafarde.
Comment puis-je poser la dague sur nos chairs,l’une à l’autre vassales?
Et pourtant,main tremblante,j’arrache doucement mon âme à ton étreinte.
Mais je ne serai plus que la remembrance d’un regard aimant,un rire etouffé.
Je ne serai plus qu’une chimère au dessus de ton épaule,à l’accoudoir des souvenirs.
Le coeur doit-il accepter de devenir plus froid encore que le trépas,
qui puis-je immoler desormais sinon moi-même afin de t’offrir la paix?
Je ne serai plus que gardienne au pyrée de nos reliques d’amour.
Rien d’autre qu’une fée languissant sous ton arbre mon aimé.
Je me suis endormie au seuil de l'antre sybillin des génies du crépuscule.Le silence sur les prés lors que s'épanche doucement la
mante des nuits enchanteresses.
Sur mes paupières glissent leurs mains ténues,dans le delicat bruissement de leurs ailes diaphanes.Ils viennent murmurer le nom secret qui,de leur royaume éthéré,ouvrira les
portes.
Un soupir pour emporter mon âme au delà des allées couvertes,jusqu'aux cercles de pierres,et demeurer là,sous le dôme constellé.
Un lai psalmodié,substrat d'ancestrales homélies pour animer leurs danses et me réveler,en totale béatitude,l'Absolu.
Je me suis éveillée à l'aurore naissante sous la caresse d'une aile noire.L'une s'etait déployée sur mes songes,l'autre me montre l'horizon tandis qu'émerge la face aniline du soleil.
Il m'a dit:
Marche sur les collines après moi,vois où je te mène.
Marche après moi,je danse sur les pierres face à la mer.
J'ai toujours su courir sur ces étendues chaotiques.
Je lui ai répondu:
Tu es l'immensité des flancs bruns où deferle l'ecume opaline.
Ces vastes espaces trouvant leur place dans tes bras car tout ici est à ta mesure.Il n'est pas un battement de ton coeur qui ne réponde au ressac,pas un seul de tes regards qui ne sache embrasser
la plénitude du ciel sans en absorber sa lumière mouvante.
Il m'a révélé:
Ceci est aussi ma terre,vois quel est mon pays...
Son appel bouleverse,il donne le vertige à ceux qui n'en sont pas.
J'en suis,enfant béni.
Je confiais dévouée:
Aux hégires antiques,tu en fus l'éclairé souverain.
Il suffit de te voir gravir les rochers où se nichent les oiseaux.Leur chant mélancolique te célèbre,te voici couronné par l'envol des mouettes et des goëlands.A l'horizon,les dernières bribes du
soleil couchant s'enlacent en une cape pourpre.Elle semble épouser tes larges épaules tandis que je te contemple au loin.
Il m'a dit:
Marche le long des falaises escarpées,vois où je te mène.
Marche après moi,nous sommes seuls au milieu de l'océan.
Des quatres coins du monde soufflent les alizés.
Je lui ai répondu:
As-tu commandé le vent afin qu'il ne me laisse pas pleurer?
Il sèche mes larmes avant même qu'elles puissent glisser sur mes joues froides.Qui suis-je pour meriter pareil spectacle? Ivre d'amour au seuil des rivages bruts,bercée par le ruissellement
des sources.Les méandres de leurs cours cisèlent les plaines aux herbes denses et s'abandonnent dans les flots vert de gris.
Je vois où il me mène.
Je marche après lui.
Mes pas dans les siens,le long des sentiers aux liserés d'ajoncs et d'essarts mordorés.
Les masures,les marais et les champs bordés par les murets de pierre sèche.
Le sel sur nos lèvres,l'odeur acre du goëmon drainant entre les galets.
Mes pas dans les siens,sous l'orbe épanouie d'une douce lune.
L'air semble vibrer en cette inaltérable nuit.
Le murmure des vagues.Elles viennent caresser la peau luisante d'une plage,jusqu'à nos pieds.
Plus sourde est leur musique au loin et l'eclat metronome d'un phare balaie le manteau constellé de la sorgue.
Mes pas dans les siens,je le laisse entrer dans notre éphémère demeure.
Je l'observe derrière la fenêtre,cadre de mes chimères inavouées,si fragile obstacle entre nous.
Le voici devant l'âtre,à la lueur des flammes.
Guerrier au large front,mon seigneur,mon aimé,je le sais serein,reposé devant l'essentiel,là où le silence est maitre.
Debout dans la nuit,je chuchote et le prie:
Oui,le silence est maitre.Il sera bien assez temps de t'arracher à moi une nouvelle fois.Puisse les Dieux dans leur mansuétude m'amputer définitivement de cette douleur.Qu'en mes rêves seulement
tu demeures desormais,dansant sur les pierres,face à la mer.
Tu as toujours su courir sur ces étendues chaotiques.

