Présentation

  • : le blog armelezour par : Nadia
  • armelezour
  • : Loisirs
  • : Selon le code de la version consolidée au 6 août 2008 du code de la propriété intellectuelle,aux articles L112-1 à L112-4 et L111-1 à L111-5,les oeuvres présentées dans ce blog,écrits,illustrations et photos demeurent la propriété de leurs auteurs.Merci de leur demander une autorisation pour toute reproduction ou utilisation des oeuvres publiées ici.Les contrevenants seront exposés aux sanctions décrites aux articles L336-1 à L336-2 du code de la propriété intellectuelle.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Ar c'han





       i l l e u r s . . . 
     





                   



                                                                                                                                         

 

  
 
Dimanche 13 juillet 2008

 

 

 

 

 

J'ai marché jusqu'à la mare,chahutée par les vents mauvais,à la rencontre de nos vestiges d'amour.Dans ce sanctuaire gardé par les libellules et leur éphémère beauté,de jeunes pousses de roseaux se dressaient tout autour des eaux troubles.Un miroir opaque ceint de pieux acérés,piège des âmes dolentes.Où etiez vous lors que les pans de ma robe s'y accrochaient?Où etiez vous lors que mon visage se penchait au dessus des ondes plombées?Mon coeur dérobé,mon reflet volé.Et la patiente chorale des grenouilles rabachant en mesure:

 

tempus fugit
tempus fugit

 

Je me suis réfugiée au pied du saule.Un seul bruit dans l'air ouaté du soir,la chute des camélias blancs.La brume des jours d'été retombait languissante sur les champs.Aux confins de mes songes,la même lueur bleutée que celle qui s'effilait à la lisière des forêts.Je vous retrouvais tandis que les vallées retenaient le couchant.Je vous retrouvais tandis que chuchotaient les grillons.Mes suppliques asphyxiées,mon esprit écrasé.Et la nuit ivre de chagrin laissant glisser ses larmes stellaires:

 

pour tous,la mort...
pour tous,la mort...

 

J'ai regardé mes mains,j'ai su quels sillons allaient s'y creuser quand viendraient poindre les aurores et s'éteindre les jours.J'ai su que sans vous je serai comme cette branche morte à mes pieds,les papillons sur les stigmates de l'ecorce en illusoire floraison.Je vous perd Aimé car votre hesitante monture se cabre devant moi.Je  vous perd Aimé car vous même vous égarez.Vos soupirs affligés,vos entrailles tremblantes.Et mes lèvres orphelines des vôtres murmurant dans la douleur assassine des espoirs:

 

vous souvenez-vous?
vous souvenez-vous?

 

Je m'en suis retournée au jardin des ombres.Un parterre de pensées sous les voûtes de chevrefeuille.J'en tresse en votre nom des couronnes à foison,les doigts meurtris de s'être agrippés aux grilles que vous maintenez cadenassées.Que serez vous si vous pretez main forte à ceux qui,de vos ailes noires,arrachent les plumes?Que serons nous sinon deux amants déboutés,dorénavant fiancés à l'eternel sommeil?Votre dépouille au tombeau,ma carcasse à l'inéluctable.Et au cloitre des regrets,nos crânes suspendus s'entrechoquant,macabre beffroi:

 

ne craignez rien,mortels...
ne craignez rien,mortels...

 

 

(couple dit "les amants de Mantoue",Italie,tombe du néolithique,4000/3000 av.JC)

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Blog : Hi Tech sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus