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Ar c'han





       i l l e u r s . . . 
     





                   



                                                                                                                                         

 

  
 
Lundi 26 novembre 2007

 

 

Il etait gigantesque et beau.Ses vastes ramures semblaient aussi bien épouser le firmament qu'embrasser le sol.Guirlande bistre et mouvante,les corbeaux de s'y percher,gardiens de ses secrets.Sous la terre d'une plaine sans nom,couraient ses racines,des lieues à la ronde.

L'arbre noir.

Aux premiers cris de l'univers,la farandole du petit peuple,matrice alchimique,fit croître son tronc noueux.La lune glissait,aimable et rieuse entre ses branches.Le soleil l'abreuvait de ses ondes ambrées.Le vent l'invitait allègrement à ses jeux.La pluie l'enlaçait tendrement,dans la quiètude d'un souffle nouveau.Au delà du monde visible,face aux mers terribles,il siegeait,souverain des chimères. Enfant de l'absolu,assoifé d'essentiel, de vérité.


Un soir,sur le sillage des nébuleuses antiques,à la mesure des hymnes scandés par les esprits thaumaturges,elle vint pour se pencher sur sa face obscure.Entre ses doigts délicats : l'Amour,nimbe fremissant de douceur et de gloire.

L'étoile.

Vestale ondulant d'un pas mélancolique,elle esperait asile dans l'entrelac de ses rameaux.Pour elle il fut créé.Pour l'étreindre.A lui elle fut menée,pluie d'argent sur le feuillage de jais.Jusqu'à l'absorption,l'alliance,l'extase.Et il en fut ainsi : l'arbre noir,ancré en son royaume,l'étoile,seule fleur entre ses bras immenses.Il en fut ainsi...jusqu'à l'éveil.
 

Nul ne sait qui l'a voulu,ni même pourquoi,mais ils furent jetés là,parmis les hommes,humains à leur tour,arrachés l'un à l'autre.Sans souvenir des songes d'antan,tout juste l'essence imperceptible de leur rencontre,les voici en quête de leur reflet,de leur echo.Un fleuve aux violents soubresauts,un gouffre pour les séparer,d'une rive à l'autre,aveugles rôdeurs,rêveurs desespérés.

 

Mais l'incommensurable amour réclamait son dû,à chaque cycle,chaque Age,marquant leurs coeurs de son empreinte inaltérable.Les mains peu à peu de se rejoindre,leur monde onirique de se bâtir,comme aux temps révolus.Il caressait de nouveau son sein de lumière,mais une fois encore,il etait trop tard.D'autres visages dévoués,d'autres bien-aimés avaient jalonné son chemin.

 

Les portes d'airain du royaume d'amertume,sur eux,se sont fermées dans un grincement sinistre.Comme elle a pleuré de l'autre côté,assise à l'ombre de cette cruelle frontière! Elle se languit de lui maintenant qu'il a posé ses lèvres sur son âme.Il la désire maintenant qu'elle l'a révélé à lui même.


Ailleurs,l'arbre noir.
Son ecorce se fend,laissant s'extirper lentement des larmes de sève blonde.

Ailleurs,l'étoile.
Son eclat disparait,sombrant peu à peu dans une nuit abyssale,murmurant:


"Gwezenn Du! Gwezenn Du! Voici quel est ton nom! Entends ma complainte arbre noir! La mort ne sera rien.A travers le miroir des illusions,je reviendrai.Gwezenn Du te chuchoterai-je inlassablement à l'oreille.Afin qu'aux premices d'une autre vie,nous puissions nous retrouver,à jamais."

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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Lundi 19 novembre 2007

Crains,mon enfant,le verbe empoisonné de la souveraine des illusions funèbres.Si ton âme,torturée par de chaotiques pensées,laisse l'amour céder la place à l'amertume, elle invoquera les esprits tourmenteurs aux abords des marais de tristesse.Par leurs suppliques obsédantes,ils te harceleront,et ce, jusqu'à t'en déchirer le coeur.Si tu venais à t'apitoyer sur le sort de ces cadavres décharnés,cénacle méphitique dans l'eau poisseuse,ils n'attendront qu'un geste imprudent de toi.Si,accablé et hanté,tes pieds frôlent les rives où les roseaux dissimulent leurs bras fameliques,ils enserreront tes chevilles pour t'enliser dans la vase glauque de leur dernière demeure.Ces maudits ont l'eternité pour pleurer encore leurs forfaits,les crimes qui les ont conduits là.



Horde supplicieuse au service du mal,ils se sont jetés sanguinaires à l'assaut de leurs frères.Ambition,convoitise,cupidité les ont convertis à leurs vaniteuses intrigues et les ont dupés.Aucun n'a survécu,aucun ne le devait,car ils ont mené ces combats dépourvus de noblesse.Le Vénérable en avait ainsi décidé,posant alors le sceau des souvenirs infâmes sur l'esprit des vagabonds indolents,laissant la rouille ronger les armes sinistres,le temps grignoter l'acier des armures,dévorer leur morgue.Passe mais hâte-toi,ne te laisse pas séduire par leur butin rutilant dans les ondes saumâtre.Les oiseaux au manteau d'ébène,campés sur les lances fichées dans le limon impur,te mettront en garde.Ne touche pas aux carcasses de leurs chars encore marqués par les chairs éclatées,oublie les visages des Dieux impies façonnés sur leurs boucliers rompus,consent à ce que la fange les recouvre,accepte-le sans regrets.



Ne te retourne pas et avance.Eloigne-toi de ces dangereux travers,ceux qui animent tes entrailles de leurs douloureux soubresauts,larve noire tapie dans ta cervelle,esperant ton abandon pour croître et suinter,dans l'absolue conquête de ton être.Nul ne sait où te meneront tes pas mais si,en ton sein,l'espoir inexorablement se débat,sâche qu'il existe d'autres pays de légende,aux vastes steppes,aux prairies généreuses,ventres féconds aux pieds des monts brumeux.Là-bas,les routes épousent les flancs de la nuit et ses astres cléments. Guidé par les étoiles jusqu'aux lueurs des campements, tu trouveras le réconfort dans la bonté des visages croisés,des mains tendues,des hommes au regard rieur,des femmes au sourire franc.



Comme leurs voix sont douces à l'aube !I ls louent la danse du vent,lui qui accompagne le vol de leurs oiseaux de proie.Ils célèbrent aussi la marche du soleil,celui qui pose sa couronne cuivrée sur leurs fronts remarquables.Ils sont la lumière de leurs soies et de leurs brocarts,la force , la grâce de leurs jeux martiaux,l'élégance de leurs joyaux ciselés,le plaisir de leurs mets rassasiants.Nobles cavaliers dréssés sur leurs chevaux intrépides,empereurs de toutes les contrées,ils naissent aux pieds des monts d'orient,mais c'est la terre des plaines d'occident qui recouvre leur morts et leur cortège équestre,animaux chimériques aux parures divines.Le mystère des mondes sacrés réside dans la bouche des conteurs sans âge.Ecoute leurs récits épiques,assieds-toi à l'ombre de leurs tentes et ferme les yeux.La musique d'un monde nouveau se disperse dans les méandres indomptables des fleuves,caresse le galbe des forêts de jade,prélude allié à la danse des insaisissables volutes d'encens,ondulant sur les fresques enigmatiques des Anciens. 

 

Ouvre tes bras à la liberté promise.Ici,tu trouveras la paix.

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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