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Ar c'han





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Mardi 28 novembre 2006

 

Les adieux.

Ne pars pas! Reste auprès de moi!Que je puisse encore m'eveiller allongée dans tes bras,sous les vents puissants de nos contrées.
J'entend le sifflement de ta lame,j'entend le henissement de ton cheval.
Ne pars pas.N'as tu donc pas suffisamment combattu?Chacun des trophées que tu as ramené me rappellent tes absences.Reste.J'attiserais le feu ce matin,tu sentiras la delicieuse fumée de tes mets préférés.Je t'emmenerais marcher le long de nos terres,fouler les blés,cueuillir les fleurs que tu aimes poser dans mes cheveux,dormir sous le soleil.Ne t'ai- je pas si souvent attendu?Toutes ces fois où je suivais ta silhouette à perte de vue,jusqu'à l'horizon,goûtant le sel de mes larmes.Ne pars pas,en mon ventre ne s'est pas encore nichée ta descendance.Je n'ai pas la chance de te retrouver dans les yeux d'un fils.
Je te vois serrer le cordon de ta besace,poser avec noblesse ce casque sur ta tête.
Qui sont les dieux qui murmurent ton nom et t'arrachent à moi?Qu'ils soient maudits!!Je ne veux pas me tordre de douleur à la vue de ton corps inerte.Le goût du sang monte dans ma bouche,tu ne reviendras pas cette fois,je le sens.Entends-tu?Le ciel s'obscurcit,les nuages avancent,les eclairs bientôt tailladeront ce manteau noir au dessus de nos têtes.Sous la pluie battante je m'agenouillerais,à gratter la boue de rage et de desespoir,tandis qu'à nouveau, tu iras venger je ne sais quel ami ou querir je ne sais quel tresor.Sur tes genoux,voici mon trône!Sous tes pieds mon royaume! Je n'en souhaite nul autre!Alors dis moi,pourquoi pars-tu?pourquoi........

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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Samedi 4 novembre 2006

Les femmes parfaites.

Elles sont là,tapies et m'observent,prêtes à me bondir sur le dos,un magazine "le Figaro Madame" dans une main et un sac dernière tendance dans l'autre.Elles,ces créatures étranges,les femmes parfaites!

Dieu qu'elles me font peur!!Celles qui savent lire un livre de cuisine sans y trouver un seul terme obscur alors que je pleure déjà en posant à côté de mes fiches recettes,un dictionnaire.Du coup mes patates à la berrichonne lardées ont l'air d'avoir un vie sexuelle agitée,ligotées à l'excès comme si elles pratiquaient le bondage.

Oui,ces femmes de "l'exploit ménager",qui réussissent à repasser leur linge de maison(qui sent bon bien sûr,ma soupline pas chère pue le pin pourri elle)en moins d'une heure tandis que je soupire devant la tour de Babel de fringues entassées près de ma table à repasser.Elles,leur vêtements sont étendus sans un pli(je m'excuuuuse du peu!),triés par couleur et par genre et leurs petites culottes sont délicatement roulées dans leur armoire,moi je jongle entre mon étendoir où rien ne sèche en moins de 3 jours tellement il plie sous le poids de tonnes de vêtements,entre mon fer qui fuit dès que je veux repasser une petite jupe en lin si jolie,et mes chaussettes toujours dépareillées dans la panière.

Ce qui me fout le plus en rogne,ce sont ces manières qu'elles ont à toujours trouver une solution à chaque problème en moins d'une minute,le tout dans une attitude zen au possible! Tes mômes te font tourner en bourrique? Tu craques,les cheveux en pétard, en fumant cigarette sur cigarette,rincée comme jamais?Tu as envie de les scotcher avec du double face sur un des pieds de la table autour de laquelle ils courent en rond depuis une heure en criant?Que nenni!!!Mais quelle erreur!!!La femme parfaite ,toujours impeccable sur elle après trois plombes de shopping avec ses jumeaux(sages et tout propres sur eux),celle -ci te répondra donc:"Mais enfin ma chérie!Tes enfants ne font qu'exprimer un besoin de reconnaissance permanent en réitérant leurs bêtises devant toi voyons!Tu sais Dolto a très bien exprimé ce malaise de l'enfance dans nombre de ses recueils et gna gna gna gna gna.......".C'est souvent là que j'ai envie de leur enfourner mon livre de psycho infantile à moi dans la tronche :"L'egoïsme primaire des mômes ou comment rendre chèvre les parents en deux caprices bien menés".

Ah ces femmes,celles qui brillent en société avec leur répliques si spirituelles,leur rire juste parfait,féminin au possible,alors que je me  gausse comme une gamine à la première blague un peu grivoise.Ces nénettes cultivées jusqu'à la moëlle,avec un avis pertinent sur tout,tandis que je dodeline poliment de la tête lorsqu'on me dit que "Heiddeger a parfaitement compris la dynamique du mouvement tu vois,dans son intégration structurelle de la couleur sur cette oeuvre magistrale,tu vois,j'veux dire quoi,tu ne connais pas ce tableau?mais si voyons,celui qui est là,l'artiste a tout compris en l'intitulant "cacophonie du silence" tu vois quoi...".Et là,je regarde le tableau de Heiddemachinchose,un tableau tout môche,entièrement noir,en me disant que si j'avais une craie blanche sous la main,je dessinerais dessus en cachette dans un coin,un zizi et un plat de moule à côté,en me marrant.Ca ce serait conceptuel!

Et leur look à ces superwomen?Parlons en hein!(ouaiiiis c'est ça allons-y!).Toujours nickel,parfaites jusqu'aux ongles de pied,connaissant le dernier produit miracle pour la peau,le ventre,les jambes,les seins,les fesses,le nombril....oui surtout le nombril!Mais comment font-elles?Comment?Pour que leur vernis à ongle sèche en une minute,alors que j'ai déjà niqué le mien à peine après l'avoir mis!Pour toujours trouver LE pull que personne n'a qui va avec LA jupe que personne n'a non plus.Moi je regrette déjà d'avoir acheté ce petit pantalon si sympa dans ce magazine,et si étriqué sur mes cuisses de méditerranéenne.Pour garder leur paire de bas d'il y a un mois sans un accroc,sâchant que j'en suis à la 6ème paire filée essayée,que je sors la 7ème,pas abimée elle, du sac où je les fourre et que le dernier bas mis,il file aussi sec.

Non,vraiment,je ne les comprend pas,rien à faire.

Je suis toujours à marcher pieds-nus chez moi,elles portent de mignons petits chaussons même pas ridicules,tout doux,qui me font traîner des pieds et se déforment sur moi.

Je fais cuire des pâtes pour un régiment,mais jamais assez de riz.Elles dosent à la perfection,5 convives,5 assiettes remplies,plus un petit rab pour l'invité qui souhaiterait se resservir.

Je me bat avec la bande thermocollante pour l'ourlet du jean de mon fils,elles ont cousu avec finesse une robe d'été à l'aide de la fiche couture du mensuel "tricot mémère".

J'ai voulu étrenner mes nouveaux talons et glissé sur la dernière marche de la discothèque devant un parterre de mecs hilares,elles pourraient,perchées sur des escarpins de 15 cm de haut,bouger sur la danse des canards avec classe(eh oui!les femmes parfaites savent ne pas se prendre au serieux et personne ne se moque,moi je fais un bide en racontant la blague du nain qui s'est armé d'un coupe-coupe pour se frayer un passage dans la moquette de son appart).

Mais c'est ainsi,elles resteront un mystère insondable à mes yeux, ZE trou noir intergalactique à des années lumière de ma galaxie,sur ma  planète où être une petite déglinguée(faut pas déconner non plus!) rime avec liberté.

Par Nadia - Publié dans : humeurs
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Mercredi 1 novembre 2006

illustration de Graven Tung "clair de lune"

 

Au clair de lune

Il faut l'écrire.Ecrire son visage,écrire son sourire et son regard,écrire sa voix et son rire,écrire son esprit,son âme.Ecrire le fait qu'il soit là,vivant.Il faut l'écrire car voici la seule manière de le garder pour l'eternité dans sa mémoire,dans la tour de son esprit,aux dédales infinis,aux salles innombrables,afin,oui,de le garder là,jusqu'à ce qu'elle expire et que ce dernier souffle le libère.

Car elle etait perdue sous une lune blafarde,errant sans but entre les arbres séculaires et les pierres mortes tombées au pied de cette tour ivre.elle savait que le soleil ne se levait plus en ces lieux,que personne n'etait là pour écouter sa musique et comprendre les mots que seul pouvait prononcer son coeur.Tout juste lui restait-il les chants et les plaintes des créatures de la nuit.Elle continuait pourtant à marcher sous les étoiles,parcourant ce domaine,le sien malgrè tout.Et le froid des ténèbres ne tourmentait plus son corps meurtri,car un souffle bien plus glacial s'était déjà doucement emparé de son âme.

Mais au détour d'un sentier,elle le vit.Combien de fois ses pas l'avaient-ils menée ici sans qu'elle ne croise un seul être de sa race?Il était pourtant là,plus beau qu'aucun monde sous le soleil,qu'aucune montagne sous l'aube naissante,qu'aucune vallée sous la course des nuages.Ils restèrent un court moment,une éternité à s'observer.La brume autour d'eux s'eleva et elle réalisa enfin qu'elle existait.Avait-elle seulement déjà respiré,senti une seule fois la rosée se poser délicatement dans ses cheveux?Et voici qu'elle semblait avoir soudain compris toutes les lois de l'univers en ayant juste posé les yeux sur lui,et ceci la troubla profondément.

Le silence se fit sous la pâle lumière de la lune.Le délicat parfum des fougères alentours et de l'humus les enveloppa.Les ombres des chênes aux ramures immenses s'etiraient sur le sol.Ils s'approchèrent enfin l'un de l'autre,sans même en avoir conscience.Voici qu'elle se perdait dans l'éclat de ce regard perçant,qu'elle défaillait sous l'étreinte puissante de ses bras.Pour la première fois de son existence,elle se sentit vraiment frissonner.Alors même qu'elle déposait sur ses lèvres le plus doux des baisers,elle glissa imperceptiblement sa main sur la clé qu'elle conservait autour du cou,celle qui ouvrait les lourdes portes de sa tour.Pouvait-elle l'y enfermer,de crainte qu'il ne vienne plus à sa rencontre?Mais cette peur innavouable devait fuir de son esprit.Il etait là,à cette seconde,ce merveilleux moment,et cela devait amplement la réjouïr.

Lorsqu'enfin il s'empara d'elle sous ces bois enchantés,elle comprit qu' il serait à tout jamais le receptacle de ses plus intimes pensées,livre sacré ouvert sous la caresse de ses doigts.Et la nuit ne serait plus jamais figée dans l'eternité,l'aube se lèverait enfin sur leurs corps enlacés.Elle ouvrirait les yeux sur l'herbe fraîche,et ne verrait plus que la trace laissée par son corps.Elle ne saurait plus si les larmes versées en ces instants seraient dues à une forme de délivrance ou de souffrance.Elle contemplerait l'horizon vermeil jusqu'à ce que le soleil s'extirpe de la terre et esquisserait un sourire.Sur ses terres,toujours cette tour branlante,mais si belle à la lumière du jour.Il lui faudra rebrousser chemin,la main autour du cou.Il reviendra cette nuit......

 


Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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