Présentation

  • : le blog armelezour par : Nadia
  • armelezour
  • : Loisirs
  • : Selon le code de la version consolidée au 6 août 2008 du code de la propriété intellectuelle,aux articles L112-1 à L112-4 et L111-1 à L111-5,les oeuvres présentées dans ce blog,écrits,illustrations et photos demeurent la propriété de leurs auteurs.Merci de leur demander une autorisation pour toute reproduction ou utilisation des oeuvres publiées ici.Les contrevenants seront exposés aux sanctions décrites aux articles L336-1 à L336-2 du code de la propriété intellectuelle.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Ar c'han





       i l l e u r s . . . 
     





                   



                                                                                                                                         

 

  
 
Mercredi 17 septembre 2008

 




 

 

 Te voici donc à ma porte. Je suis l' Aurore. J'ai banni Ogma mon premier époux. Il est le Ténébreux, l' inconsolable champion. Il espère les fous qui voudront franchir les rives du fleuve dernier pour les terrasser. Si tu souhaites l' affronter, je serai seule juge de ta démesure. Terrifie comme le chien glace nos coeurs dans ses sinistres hurlements, comme la corneille rend dolentes nos âmes dans le sang des combats. A tes soubresauts et tes mimiques, celles du monde animal. Et dans ces danses démentielles, je reconnaitrai ta valeur guerrière.


Tu me vois blanche vache et je t'offre mon lait, j'annonce, je suis le renouveau. En ma bouche se tiennent toutes les vérités du Monde, j'ai appris l' éloquence en mon ancien hymen. Et te voilà mené ici de bonne providence car l'époux évincé use encore de sa magie sur moi. Tu aurais pu me rencontrer sous mon aspect démoniaque dès lors que je refuse de laisser revenir la lumière. Mais je sais que Lug, mon époux diurne, vient me dérober aux infernales étreintes du roi des ténèbres et me laisse accoucher du jour nouveau. Il est l'amour salvateur, il restaure l' ordre et le bon droit et règne sur mon âme et celle des humains. Nos pas sont dans les siens.


Mortel, nous sommes donc trois. Rien d'immuable, la naissance, la vie et la mort. Ainsi tourne l' Univers, ainsi avance le temps. Ainsi est la loi qui régit le monde humain, son équilibre à l'image de notre cycle céleste. Mais nous détenons pouvoir sur toute chose et gardons l'immortalité. Tu as accompli nombre de quêtes périlleuses, désormais tu attends la gloire car elle demeure impérissable. Par elle, tu te feras héros. Par elle, tu accèderas à la pérennité. Et tu ne la trouveras qu'en franchissant l' Au-Delà et ses eaux froides. Voici une année pour la mériter, une année d'incommensurables défis, une année de conquête. Ta bravoure au combat sera outil du destin. Si ce dernier est de goûter, sous les pommiers du Sidhe, aux doux plaisirs de la belle saison, alors à ton front éclatera l' ineffable gloire ,chantée pour l'éternité.


Mais avant cela, tu seras impitoyablement traqué et nombre d'ennemis tenteront de te barrer le chemin. Dans ta course effrénée s 'araseront les collines, se déracineront les arbres . Et les rivières, les gués et les estuaires se videront de leurs eaux. Tu trembleras devant légion de démons et de bêtes monstrueuses. Redoutables seront aussi ceux et celles qui viendront mettre ton esprit à l'épreuve. Bien penser, bien dire et bien faire pour mettre à bas leurs énigmes et égaler "ceux qui savent fermement". A l' avènement de ton périple, l' ultime combat à la face du Seigneur des sorgues.


Et pour dépeindre les périls que tu as encourus et les terreurs que tu as surmontées, tu revêteras la noire armure des héros, avatar de Lug victorieux. Le front campé sous l'onction de ta lame, un bouclier de suie à ton bras vigoureux,enfin tu offriras au monde la véhémence de ton cri triomphant.

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 17 septembre 2008
 

 

Ces mains dans la cendre ne devraient pas être les miennes,ces os que je ramasse devraient être les miens. Au pas de ma porte,une nouvelle statuette fichée dans la terre avec celles de nos aïeux,un visage de pierre. Mon fils.


Le feu a dévoré sa dépouille. Devant elle,les guerriers ne se pressent point les uns aux autres et gardent leur rang. A l'ombre de leur casque peuvent glisser les larmes. Les vieillards soulèvent de leurs bras malingres les tambours et s'assemblent pour chanter. Les femmes sont sorties de leur logis en pleurant et déchirent leur vêtements, les nourrissons ne tètent plus leurs mamelles,les fours se sont éteints. Passant l'allée aux flambeaux,les enfants mènent les chevaux jusqu'au tertre et laissent leurs pères les immoler . De l'autel au porche du sanctuaire, des clairières sacrées jusqu'à l'océan,les prêtres et les augures ont dansé avec nous et l'aube a ravi l'âme du grand chef.


Je marchais tête haute alors que mon coeur maudissait les Dieux. Mais ceux-là étendirent leurs mains sur mes songes et mon enfant riait, empoignant mes épaules. Il se moque de la mort,il se moque de nous. Il est l'étoile gardienne des nuits tardives,il tend son doigt vers le soleil. Il est la foudre au dessus des batailles,accompagnant le roulement des chars,le claquement des fouets. Il est la lueur au fil des épées, à la pointe des lances. Le sang sustentant le monde des abîmes. J'ai vu les aigles se faire sentinelles à l'entrée de son tombeau. J'ai vu les corbeaux fondre sur ceux qui approchaient sa demeure .Et ma colère s'est apaisée. En mon esprit, son image terrible et impétueuse.


Souvenez-vous ,peuples ennemis, de ses cris  formidables!Comme l'aurore vient embraser la cime des montagnes, la charge de son armée a mainte fois dévasté vos cités. Sous vos traits elle n'a point reculé .Ses hommes ,harangués par la clameur des cors, ont couru sur vos murailles chancelantes,montant sur vos maisons,entrant par vos fenêtres,plus agiles que les loups du soir. Rien ni personne ne leur a échappé. Les visages ont pâli ,les corps ont tremblé,reins brisés. Les cieux ont disparu sous les voiles de suie et les lourds sabots des chevaux ont piétiné les récoltes. Vos femmes et vos enfants servent désormais les nôtres,vôtre bétail a grossi nos troupeaux,vôtre or illumine nos fronts. Souvenez-vous ,peuples ennemis, de ces pieds foulant vos armes!


Et en son nom nos vénérables scandent-ils son éminence:


Je suis le chien rouge, le bondissant aux mâchoires béantes! Le furibond au talon sanglant!Je me ris de toutes les forteresses! Je raille les princes,je fronde les rois!Ils me poursuivent comme la tempête pour me disperser,ils sifflent en encerclant ma tanière. Mais j' attire ces serpents au bourbier! Mon oeil en un éclair les embrasse tous,mes flèches jamais ne les manque !Et les miens sont comme le sable sous les mers,il ne peuvent ni se mesurer ni se compter. Nous sommes justes,nous sommes forts! Nous sommes fidèles à ceux qui nous ont forgés ici-bas et ne nous abandonnent pas, hissant la lune et les étoiles pour nous guider,l'astre des jours pour embrasser les joues de nos enfants. Je suis le chien rouge jaillissant de l' au-delà et je veille sur nous! J'ai marché en brave et la mort me fût honorable. Mes fils sont remontés sur leurs coursiers pour fendre les vents et jamais le fruit ne manquera à l'arbre,la brebis aux pâturages, le lait au sein de mes filles. Et s'il vient aux fous l'envie de cracher à nos faces l'opprobre ,sur nôtre sillage ils trouveront le chaos!






 

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
referencement site web sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus