Présentation

  • : le blog armelezour par : Nadia
  • armelezour
  • : Loisirs
  • : Selon le code de la version consolidée au 6 août 2008 du code de la propriété intellectuelle,aux articles L112-1 à L112-4 et L111-1 à L111-5,les oeuvres présentées dans ce blog,écrits,illustrations et photos demeurent la propriété de leurs auteurs.Merci de leur demander une autorisation pour toute reproduction ou utilisation des oeuvres publiées ici.Les contrevenants seront exposés aux sanctions décrites aux articles L336-1 à L336-2 du code de la propriété intellectuelle.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Ar c'han





       i l l e u r s . . . 
     





                   



                                                                                                                                         

 

  
 
Dimanche 13 juillet 2008

 

 

Je dormais tandis que la litière cahotait, une main lasse sur le vélin de mes registres, l'autre blottie dans la large manche de mon aube de bure. J'avais vu le vent glisser entre les herbes folles, les prairies héler les brebis pour leur offrir tendre giron. J'avais vu les nuages lécher les glaciers, le visage de Dieu dans leurs nuées ouatées au miroir des lagunes turquoises. Les silhouettes incisives des cimes déchirant le voile carné du couchant. J'avais vu les vains édifices des hommes sur cette terre souveraine. En bracelets des citées raffinées, le marbre dentelé des palais sur le fil argent des rivières. Un chapelet d'églises et de claires abbayes suspendu au cou des pieuses glèbes. Et les mers, les océans aux bras ouverts et leurs allègres oiseaux blancs, hérauts des royaumes enchanteurs. Mes pérégrinations s'etiraient inexorablement à mesure que se déployaient les paysages alentours. Après des mois d'errance, je franchissais dorénavant l'empire nomade.

 

je rêvais à la beauté du monde et celui-ci allait me faire don de son plus rare et transcendant joyau. Mes paupières encore closes, caressées par les jeux du soleil sur l'ondoiement du baldaquin de lin, s'ouvrirent lorsque la voiture stoppa pour prendre les derniers voyageurs.A nouveau s'ébranlèrent les roues sur le sentier raboteux.


 

Je m'éveillais dans de suaves fragrances de musc et de santal. Le pan passementé d'une robe brune chaloupait pour enfin expirer mollement sur la banquette. Jeunesse infernale pourquoi viens-tu tourmenter les coeurs désarmés ? Devant toi palissent les nymphes, jalousent les reines, s'inclinent les déesses primitives.



Je m'aliénais à tes lèvres et leur moue timide sous un nez inouï de franchise. Une gorge à la volupté pudiquement recouverte de brocart et de perles festonnées. Tes doigts graciles vinrent replacer les longues plumes noires piquées au cuir souple de ta coiffe. Une aile d'ébène semblait s'être repliée en silence sur un sombre regard. L'épingle qui maintenait ton turban tirée tel un aiguillon mortel sacrifiant ma raison, je demandais grâce à ce front large et bombé, à cette fraicheur insolente. Ma poitrine unie aux cadences de la tienne, la véhémence de mon esprit à chacun de tes gestes. Pour la première fois, je maudissais le crépuscule. Je le maudissais d'ôter ce profil à ma contemplation. Mais clémente se fit la nuit en m'offrant l'image de ton visage auréolé par le disque immaculé de la lune.Sainte icône sur la mosaïque étoilée des ténèbres, j'aurai voulu baiser vos pieds si mes fébriles élans de pêcheur ne m'avaient point submergés.
 


Je trépassais en pensées sacrilèges alors que nous avions fait halte à la rencontre d'une tribu. Les feux du campement s'élevaient et j'observais ton galbe tentateur se mouvoir derrière ces foyers de géhenne. Dans mes chimères, tu répandais le souffre de ton haleine sur mes lèvres tel un basilic lascif aux crocs avides de stupre. Aux prises d'un amour naissant et abjuré,je n'avais d'autre instinct que de l'incarner en ce délictueux avatar.
 


Je m'apaisais à l'aube à force de repentir et de prières. Pour unique transept vertueux de mon âme, une légion de saints. Nous allions reprendre la route et je m' aperçus que tu avais disparu. Ton absence aurait du affermir mes hiératiques desseins et ne fit que les troubler. Au loin, comme un ultime appel, le hennissement d'un étalon. Et je scrutais ta silhouette chevauchant vers l'horizon.




Je demeure aujourd'hui encore martyr titubant sur le sillage poussiéreux de ta monture. Et mes mains crevassées par la vieillesse saisissent en secret la plume pour esquisser sans relâche ton portrait. Je pleure souvent sur mes parchemins épars, mes reliques impies. Et lorsque bruissent les arbres, je sais que la brise du soir enlace ma langueur et chante mes regrets.

 

 

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 13 juillet 2008

 

 

 

 

 

J'ai marché jusqu'à la mare,chahutée par les vents mauvais,à la rencontre de nos vestiges d'amour.Dans ce sanctuaire gardé par les libellules et leur éphémère beauté,de jeunes pousses de roseaux se dressaient tout autour des eaux troubles.Un miroir opaque ceint de pieux acérés,piège des âmes dolentes.Où etiez vous lors que les pans de ma robe s'y accrochaient?Où etiez vous lors que mon visage se penchait au dessus des ondes plombées?Mon coeur dérobé,mon reflet volé.Et la patiente chorale des grenouilles rabachant en mesure:

 

tempus fugit
tempus fugit

 

Je me suis réfugiée au pied du saule.Un seul bruit dans l'air ouaté du soir,la chute des camélias blancs.La brume des jours d'été retombait languissante sur les champs.Aux confins de mes songes,la même lueur bleutée que celle qui s'effilait à la lisière des forêts.Je vous retrouvais tandis que les vallées retenaient le couchant.Je vous retrouvais tandis que chuchotaient les grillons.Mes suppliques asphyxiées,mon esprit écrasé.Et la nuit ivre de chagrin laissant glisser ses larmes stellaires:

 

pour tous,la mort...
pour tous,la mort...

 

J'ai regardé mes mains,j'ai su quels sillons allaient s'y creuser quand viendraient poindre les aurores et s'éteindre les jours.J'ai su que sans vous je serai comme cette branche morte à mes pieds,les papillons sur les stigmates de l'ecorce en illusoire floraison.Je vous perd Aimé car votre hesitante monture se cabre devant moi.Je  vous perd Aimé car vous même vous égarez.Vos soupirs affligés,vos entrailles tremblantes.Et mes lèvres orphelines des vôtres murmurant dans la douleur assassine des espoirs:

 

vous souvenez-vous?
vous souvenez-vous?

 

Je m'en suis retournée au jardin des ombres.Un parterre de pensées sous les voûtes de chevrefeuille.J'en tresse en votre nom des couronnes à foison,les doigts meurtris de s'être agrippés aux grilles que vous maintenez cadenassées.Que serez vous si vous pretez main forte à ceux qui,de vos ailes noires,arrachent les plumes?Que serons nous sinon deux amants déboutés,dorénavant fiancés à l'eternel sommeil?Votre dépouille au tombeau,ma carcasse à l'inéluctable.Et au cloitre des regrets,nos crânes suspendus s'entrechoquant,macabre beffroi:

 

ne craignez rien,mortels...
ne craignez rien,mortels...

 

 

(couple dit "les amants de Mantoue",Italie,tombe du néolithique,4000/3000 av.JC)

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 13 juillet 2008


..

 





 





Vois ce qui te ressemble et jamais ne l'oublie!



Un sillon dans la terre que l'orage émeut,un horizon aux rigoles fertiles et au sein mysterieux.Les dragons noir et rouge dorment paisibles sous ton corps cryptique.Les dragons blanc et or attendent à leurs portes les braves comme les fous.

Un royaume martial aux gouffres insondables,des couloirs de lave, innombrables veines incandescentes dévorant ta chair.Un monde de douceur à la face du soleil,ses délicieux rayons de miel entre les doigts des enfants.

Des nuits où l'on entend s'entrechoquer les glaives sur tes plaines desertes,des brumes qui à longs plis enroulent les ombres de leur voile mortuaire.Pour consoler les âmes perdues,des nuits aux flancs laiteux,des étoiles à souffler comme poussières des voeux.

C'est là que rugissent les mers quand au vent elles livrent leurs corps,quand leurs ventres affamés s'en vont blanchir les os des naufragés.C'est là qu'expire l'océan quand la lune emporte la tourmente,tes rivages sont las des assauts répétés.



 



Vois ce qui te ressemble.
Toi le géant à la grâce sublime.
Un chêne tu déracines,un brin d'avoine tu épargnes.



 




L'oriflamme belliqueux claque sur les nefs aux voiles déployées comme l'esprit ardent éclate sur ton front.Comme ton auguste regard transcende,la rafale noire et brusque d'une nuée de corbeaux dans un ether céruléen.Au sol conquis,l'épée fichée.

Aux armes animales,le sang.Les arcanes dans les palabres fabuleuses des sorciers pour animer les entrailles des sepulcres démoniques.Pour te relever,mon guerrier exténué,le chatoiement des ondes enchanteresses,divine liqueur à l'ombre des lourdes ramures.

Le visage d'une citée immaculée,au port altier,sur les montagnes tourmentées.Le nez droit de la tour d'argent.Les lézardes,les ciselures,le chêne de sa bouche percée par deux anneaux d'airain.Son regard embrasse ton monde,mille sentinelles aux créneaux de sa tiare de marbre.

Les hommes libres,les aliénés,le fracas des cors pour les rassembler.Les vierges dociles,les lascives sybarites,la cadence des tambours pour les exalter.Plus noble que les orbes astrales,plus beau qu'une écume efflorescente,ton peuple dévale le verbe des bardes,au timbre envoutant des harpes,dans le silence déférent de l'Univers.



 



Vois Aimé ce que mes yeux voient.
Laisse nous là-bas,laisse moi en toi.
J'ai ouvert ta poitrine pour y déposer le fruit vermeil arraché à mon giron.
A l'unisson ces aubiers gonflés d'amour pourront-ils battre,dussions-nous empoigner nos plaies béantes.




 



A mon unique et ultime Aimé.



Aux doux affables qui ne nous ont vus qu'avec le coeur.





 





 

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 13 juillet 2008

 

Les fées déglinguées sont très souvent bordéliques à souhait.Si...si si et on ne s'en etonnera guère ( j'en vois déjà qui sourient doucement ).Dans mon appart,un fratras inextricable de fringues (dont les 3/4 ne me plaisent/vont plus), de papiers ( dont les 3/4 sont des enveloppes vides/pubs et bons de reduction périmés ), de bouquins ( dont les 3/4 hormis ma bibliothèque,sont de vieux magazines : " scoop!Britney Spears n'est pas vierge! "....gnèèèè ??? ), de vaisselle entassée ( dont les 3/4 sont inutilisés.Pas coordonné hein le service à vaisselle,cela va de soi ), de tiroirs et boites à foison ( dont les 3/4 renferment d'improbables bidules : c'est quoi cette clé,ce ressort,ce bouton,ce rouleau où il ne reste plus qu'une bande de scotch,ce...quelque choooose,ça vient d'où ? Bah on ne sait jamais,ça peut toujours servir...) Oui donc,une tour de Babel en kit,une ode à l'éparpillationnage ( oui j'aime bien inventer des mots quand je ne trouve plus le terme exact ), un autel dréssé à l'inutile,voilà mon chez moi.

 

Mais les fées déglinguées aiment aussi s'envoler de forêts en prairies,et nonchalantes butineuses,emportent dans les plis de leurs robes rapiécées,petits trésors à conserver et à déposer dans leur alcôve à rêves,auprès des biens qui leur sont chers.Dans mon capharnaüm,en prenant garde à ne pas marcher sur les chats,ma malle aux chimères.Comme les enfants rêveurs aiment à nous mener dans leur cachettes secrètes,où dorment de singuliers butins,je vous dévoile en pur partage,une partie des biens ( une autre plus intime est bien gardée ) que je pourrai finalement emporter dans ma roulotte si je devais trouver un autre " home sweet home " ( d'ailleurs à bon entendeur hein...ben quoi ? L'occasion fait le larron !! ).

 

ps:un énooooorme merci tout particulier à Mamazelle Chrysalide qui m'a justement fait don,avec toute l'immense générosité qui la caractérise,de cette malle au trésor.De grosses bises à elle ;)

 

Dans ma malle il y 'a.....

 

Les photos de mes aïeux,un don de feu ma grand mère,mi abuelita ( hormis le cadre, cadeau d'une mère à sa fille )...

 

 

Une tête de bouddha en platre doré et une cloche à prière Hindoue dédiée à Hanuman le Dieu Singe...

 

 

De vieux,de très vieux livres et missels avec parfois quelques ecrits à l'interieur,le plus ancien date de 1829,d'Angleterre : "Charlotte Augusta Hover,the gift of her dear mamma,Jan  1  1829" .La toute petite carte fleurie de 1869 : "donné à madame Fraeligher", fut trouvée avec celle du petit Christ dans le missel damassé de velour et orné d'une croix,lui même datant de 1845.Rien que d'en parler j'en frissonne ;)

 

 

Une marionnette Indonesienne,pour ces fabuleux théâtres d'ombres.Je me souviens d'ailleurs avoir toujours été fascinée par cet art.Petite, à l'époque où nous  avions droit  pour les fêtes de Noël à des programmes télé moins indigestes qu'aujourd'hui ou du moins plus "féériques",on nous passait quelques films merveilleux en ombres dites "chinoises",tel Pierre et le loup ainsi que  des contes russes.

 

 

un retable vénitien en bois patiné,fermé....

 

 

... hop ouvert ! Une représentation de la vierge à l'enfant de Raphaël.

 

 

Don de feu mon oncle,issue de sa collection,une petite poupée japonaise dite Hina Ningyô, pour le Hina Matsuri,fête des poupées consacrée aux petites filles.

 

 

L'Orient bien evidemment!  Narguilé d'Egypte,service à thé de ma grand mère,bibelots et cartes postales.

 

 

De beaux recueils qui sentent bon cette Bretagne si chère à mon coeur,dédicacés par Erwan mon archange gardien ( dédicace en dessin de la classe qui dechire sa mémé dans les légendes des pays celtiques et petits mots praillevète dans le légendaire celtique ). Et la première fois que j'ai découvert le travail du graaand Yannick Germain,ce fut par le biais de cette carte postale "Cernunnos" le Dieu aux bois de cerf,dans une boutique en plein milieu des menhirs à Carnac. Au dos,un joli mot du barbare et une esquisse,une nuit de ripaille lors de Samhein,31 octobre.Et je remercie ces deux loustics en leur faisant ma plus belle révérence,car ils m'ont légué d'autres beautés encore!! Quant à l'énorme galet,rapporté d'une plage du Guilvinec,Finistère (ben ouais je sais,on est déglinguée ou on ne l'est pas) mais pratique dans le sac de voyage au cas ou l'on risque de se faire agresser...et puis pratique aussi quand on ne trouve plus son marteau pour planter un clou (bordéliiiique je vous dis!! ) .Et le trucmuche en bas à droite,un bout d'ecorce moussue...moui bon ça va je sais mais j'aime bieeeen!

 

 

mes bijoux favoris ( aaaaah futilité féminine quand tu nous tiens!! ) et une bouteille de parfum,Kenzo ze first ouane,pour me souvenir de mes années d'adolescence ( aaaaah nostalgie quand tu nous tiens!! ) ,même que sur la boite ils disent "ça sent beau" (ouais,se sont foulés les mecs aux réunions marketing)

 

 

Moults dinette médiévale,brocs,vases,hanap etc et deux petites pièces d'echec en etain,une gente dame et un chevalier.

 

 

Et enfin,des costumes d'opéra chinois,avec les grandes manches qu'on fait tournoyer et tout et tout ( et qu'on se fout dans la tronche au risque de s'etrangler avec.De plus, dedans, on joue les princesses alors que dessous,on crève de chaud et on sue à mourir.Bref,classe et glamour hein...) Vieux ces costumes,usés même,mais hors de question que je les emmène au nettoyage,trop peur d'une catastrophe,d'une perte ou qu'ils en ressortent encore plus abimés .Tant pis,ils resteront comme ça et c'est bien ainsi finalement...

 

 

 

 

Par Nadia - Publié dans : rêver
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
qu'est ce qu'un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus