Demat deoc'h

  • armelezour
  • : 06/10/2006
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Samedi 7 octobre 2006


L'éveil

Il marche dans la brume en appelant les dieux. voici qu'il s'est armé,son épée à la main, son bouclier et sa dague sanglés sur les épaules, silhouette spectrale dans cette grande fourrure noire alourdie par l'humidité. Rien d'autre que ce brouillard immense et penetrant, l'echo sinistre de sa voix pour seule présence.
Il y a pourtant peu de temps encore, ses mains recevaient avec plaisir la chaleur d'un bon feu, ses narines fremissaient au fumet d'un délicieux repas, le dos confortablement installé contre quelques peaux de bêtes accueillantes et les doigts sérrés autour d'une douce coupe de nectar ennivrant.
Mais cela, il l'avait connu durant bien des lunes et semblait l'apprecier avec raison. Les saisons passaient, trainant derrière elles l'histoire de son existence. Lorsqu'un matin, alors qu'il ouvrait une fois encore les yeux sur ce monde, il entendit le vent lui murmurer de nouveaux mots. Il frotta ses doigts engourdis sur ses paupières lourdes, comme si elles avaient toujours été fermées. Deux mains invisibles semblaient attraper les siennes et l'incitaient à se lever. Il eut, bien sûr, d'abord envie de se retirer de cette emprise, de faire demi-tour, le regard fixé sur l'arbre au pied duquel il aimait s'endormir et sur cette vallée où il prenait tant de plaisir à fouler l'herbe fraîche. Mais le vent soufflant de plus belle, l'invitait à découvrir d'autres vallées, d'autres arbres, d'autres voluptés.
Nul homme ne sait pourquoi il doit de nouveau seller son cheval, de nouveau laisser couler les larmes sur les visages de ceux qu'il aime pour aller s'abreuver, encore et toujours, au fleuve de l'existence. Lui-même sait d'où il vient, ignore où le conduisent ses pas, mais tend les bras vers ces eaux tumultueuses.
Le voici aujourd'hui, titubant dans la brume, la peur au ventre. Mais bientôt, les nuages se disperseront, se déchireront sous les puissants rayons du soleil, et il saura que rien n'a commencé, rien n'est terminé, seuls comptent les élans de son âme, l'épée à la main, le bouclier et la dague sanglés sur ses épaules, le nom des Dieux sur ses lèvres.

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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Samedi 7 octobre 2006


SABBATH

Je suis la terre nourrie de ta lumière.
Ta main cherche la mienne et l’enlace.

Je suis l’autel sacré illuminé de tes aumônes.
Ta bouche goûte la mienne et l’honore.

Je suis le lac frémissant sous ton souffle.
Ton regard trouve le mien et l’invite.

Je suis le calice offert à l’or de ton hydromel.
Ta poitrine couvre la mienne et la renverse.

Je suis le vent dansant sous tes ailes nacrées.
Tes hanches embrassent les miennes et les rassurent.

Je suis la mer terrible épousant tes rivages célestes.
Ton ventre s’empare du mien et l’encense.

Amour ! Amour !
Initie moi à tes rites secrets !
Qu’ils inondent mon âme de leurs élans mortels !

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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Samedi 7 octobre 2006


FOLIE DOUCE

Auprès de moi, ton ombre.Dans mes mains, ton visage.Sur ma poitrine, ton souffle.Sur quoi mes yeux se sont-ils ouverts?J'ai tendu les bras vers toi,n'as-tu donc jamais été là? Pourquoi mon esprit s'égare t-il? Lui qui m'ouvre les portes d'un monde irréel mais tellement palpable.
Voici, je chemine nu-pied à l'orée d'une forêt inexplorée, j'avance vers une clairière aux pierres levées, j'entend ces ruisseaux où murmurent les fées.
Qui sont ceux qui m'épient derrière les saules argentés?
Qui a frôlé mon dos en riant doucement?
Voici,je suis à terre, les mains caressant l'herbe fraîche, à respirer l'odeur de cette terre inconnue. Je pourrais presque saisir cette lune immense au dessus de moi, si douce, ronde comme le ventre fertile des déesses antiques.
Viendras-tu me hanter encore cette nuit?
Pourquoi me tourmentes-tu?
Qui donc a apporté ces chandelles autour de moi?
Voici, je sens le vent se lever car, entre eux, parlent les arbres. Nul ne connaît leur langage, mais ils ont du prononcer quelques incantations, car déjà je perçois le rythme de tes pas, le balancement de ton corps robuste au devant de moi.
Voici, tu me mènes sur la table de pierre et je t'offre mon cou. Sous ton étreinte, mon visage est blotti contre ta poitrine. Ici, je pourrais mourir.
T'en iras-tu à nouveau?
Pourquoi ne puis-je plus t'atteindre?
Voilà, jusqu'à l'aube je t'observerais impuissante, sans jamais pouvoir te reprendre dans mes bras.
voilà, jusqu'au crepuscule de mon existence, ton fantôme assis près de moi........

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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Samedi 7 octobre 2006

 

La reine des damnés

Noir comme la poussière qu'elle foule,
Dans sa bouche le venin s'épanche.
De ses lèvres le voilà qui s'écoule
Et meurt sur les cendres blanches.

Son royaume n'est qu'un brasier
Où agonisent les âmes terrifiées
Son nom on ne prononce pas,
A moins qu'impur et vil l'on soit.

Cette beauté aux penchants obscènes,
Ce sourire sournois,ce charme derangeant!
Très vite son verbe les faibles aliène.
Sous ses pas,la terreur,le chaos et le sang!.

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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Samedi 7 octobre 2006

La favorite

Je suis la favorite de mon seigneur.
Les essences de rose qui coulent le long de mon cou sont moins ennivrantes que les parfums de son amour.
Les pendentifs d'argent qui tintent sur mon front,moins éblouïssants que son sourire.
Le henné qui serpente le long de mes doigts,moins délicat que ses caresses.
Que l'on me couvre d'étoffes plus soyeuses les unes que les autres,jamais elles ne seront plus douces que sa peau sur la mienne.
Que l'on me mène au sein des riads où l'ombre et la lumière jouent sur l'onde des bassins,aucun éclat sur l'eau n'aura celui de son regard divin.
Que l'on me fasse danser et tourner la tête au son des luths et des cithares,il n'y a qu'à sa vue que mon coeur s'emballe et que mon souffle se coupe.
S'il part pour une raison ou une autre,les êtres qui m'entourent ne sont que fantômes aux paroles incompréhensibles et seul le murmure du vent m'apaise en m'apportant le son de sa voix et ses prières.
Je n'ai de demeure qu'enlacée de ses bras,son palais n'est qu'un grain d'avoine dans la poussière et le sable.
Je n'ai d'émerveillement qu'en sa présence,le soleil rouge qui disparaît derrière l'ombre des montagnes de son royaume ne m'apaise plus s'il ne le voit pas à mes côtés.
Derrière les fenêtres de bois ciselé,dans cette chambre somptueuse où il dort paisiblement,je regarde le pâle visage de la lune et j'entend le doux bruissement des arbres caressant les étoiles.Je suis la favorite de mon seigneur,si demain il part se battre dans de lointaines contrées,je serais comme la source qui se tarit au coeur du desert...

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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