Demat deoc'h

  • armelezour
  • : 06/10/2006
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Samedi 26 mai 2007

Nous étions deux enfants baignés par la lumière divine de Lug,nos mains carressant l'or des blés.Sous nos doigts s'en vont choir les fragiles pétales de coquelicots et à chacun de nos rires, éclate dans le ciel une nuée d'oiseaux noirs.

Derrière les mirages ardents de ce soleil d'été,la silhouette miroitante de mon père, au loin.Ses doigts puissants frottant nos petites têtes,nous allègeons son labeur.Je me souviens encore des volutes d'avoine et des graines déposées par le vent dans les boucles de nos cheveux .

Toi et moi,inconscients,heureux,et l'orage naissant.Des miettes de galettes collées à nos lèvres nacrées,nous détallons dès lors que rosissent les nimbes,poussés par le grondement du tonnerre.Nous voici, petits corps frêles fouettés par la pluie,nos bouches ouvertes sous l'averse.

Ces jours passés à nous ébrouer dans la rivière,les genoux écorchés par nos excursions et nos jeux dans la forêt.J'entend ton appel dans la nuit pour s'en aller ,en secret ,gambader autour des pierres sacrées,émerveillés par l'abside blanche et bienveillante d'un quartier de lune.

Nous grandissons sous la protection d'Ogma.Samain approche.Je vois,épinglée sur ton vêtement ,ma fibule favorite.Il y avait cette hermine blanche que je trouvais si belle.Je t'avais déposé ce bijou dans le creux de la main en remerciement de sa capture.A jamais imprégné en mon âme,ton regard,deux perles noires emplies d'un amour éthéré.L'envie coupable d'un baiser nous étreint.

L'innocence perdue sous les premières caresses.Les grillons chantent doucement nos confidences.J'effleure ce torque autour de ton cou.Nous aimons nous allonger là, au pied d'un chêne,abrités par ses frondaisons, gardiennes de nos délices amoureux.J'invoque Cernunnos.Puisse t-il me rendre féconde.

 Je t'appartiens enfin et en mon sein croît cette petite vie tant espérée.Aurore bénie que celle qui m'offre le spectacle de vos sublimes visages ,la félicité de cette présence dans ma couche.Folie d'une guerre immonde qui m'arrache brusquement ce bonheur ineffable.Un soir,sous les brumes rampantes,un fils a perdu son père à jamais, lors d'une ultime bataille.

Ecoutes-tu mes pleurs, par delà l'Autre-Monde?Je murmure inlassablement ton nom,j'invoque les Dieux.Je ne fais que survivre en affûtant la lame de ton épée.Nôtre enfant sera bientôt un homme et,sauvage,superbe,il la brandira! Mais je chevaucherai au devant de lui car j'attend de pouvoir ,à mon tour,entendre ton cri ô Morrigan et retrouver cet amour perdu dans le Tir Na Mbeo !

 

 

 

 

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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Jeudi 24 mai 2007

 

 

Nôtre respecté "Ard Ri ",Helgui Le Gris,chef de clan de Némédia,m'a fait l'honneur de me propulser modératrice du forum.Celui-ci opère une nouvelle mue,je me suis attelée à la tâche avec l'aide d'Helgui,alias Geoff Evrard,créateur du JDR Némédia.

Aussi,je vous invite à visiter nos belles contrées,amoureux du monde Celte,ou  visiteurs curieux.Cheminez sur les sentiers d'Avallac'h, vous y découvrirez les trésors de la fantasy barbare et des légendes celtiques.

Hail à Némédia par Ogma,Dagda et Morrigan !

http://nemedia.forumactif.com/index.htm

 

 

Par Nadia - Publié dans : L'âme celte
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Lundi 21 mai 2007

 

                 

 

Le nouveau webzine d'OutreMonde Univers IV est enfin sorti!! Ce bébé tant attendu d'une belle équipe,réunie pour le plaisir de vos yeux et de vos coeurs ! 

Au sommaire :

 

 - La Tour des Dragons d'Or, texte de Nicolas Peltier illustré par Cyril Carau (Aedouneeeet !! ;D  texte vainqueur de l’AT " Les bâtisseurs" )

- Lumière dans le ciel, texte de Stefan Michel illustré par Tiger-222  (texte vainqueur de l’AT " Les bâtisseurs ")

- De père en fils, texte de Rémi Gruber illustré par Magali Villeneuve  (texte vainqueur de l’AT " Les bâtisseurs ")

- Step by step de l'illustration "de père en fils", par Magali Villeneuve

- Correspondance, texte de Marie Brunel illustré par Nadia Sanchez ( ouaiiiiis c'est moiiii!!! hu hu hu ^^ texte vainqueur de l’AT "Les bâtisseurs ")

- Le Dalleur, texte de Valérie Larouche illustré par Alain Mathiot ( Al1 "touch'man" la claaaaasse! texte vainqueur de l’AT " Les bâtisseurs ")

- La mise en scène du monde, article de Cyril Carau

- L'engrenage du sang, texte de Groumphillator ( eeeeerf.....miam ! )  illustré par Bernie

- Les anges de la nuit, texte de Gaëlle K. Kempeneers illustré par Annick DC

- La couverture est signée d'Elie Darco ( miss Dulkera cheridounette !! )

Sans oublier les présentations acerbes du Baron de Castelfiel !

Pour passer un pur moment de délice,plongez dans le webzine ici:

http://outremonde.fr/index.php?/downloads 

 


Par Nadia - Publié dans : viendez voir!
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Jeudi 17 mai 2007

 

Mince.Je suis seule.J'en ai envie parfois,souvent,de plus en plus.Mais là,devant le fait accompli,quand mes anges sont ailleurs et que je reste entre ces murs de bêton armé,je ne veux plus.Pourquoi suis-je ici? Pourquoi,pourquoi, toujours pourquoi....Qui etais-je avant? Quelle petite fille? Comment? On guérit comment? Je pleurais souvent,comme maintenant...ça je m'en souviens.C'est ça la vie alors? Et le bonheur? N'importe quoi ,ça ne reste jamais vraiment le bonheur,c'est comme tout le reste,éphémère,inutile,absurde.

Dehors,rien d'autre que ces trottoirs qui brillent sous les réverbères.Il a plu,le vent souffle,le temps semble se dégager,je vois les étoiles.Ces trottoirs que je foule depuis dix ans déjà.Merde.Si j'avais ce truc là dont ils me parlent tous,du courage,oui voilà c'est ça.Je serais ailleurs,sous les arbres,allongée dans l'herbe, la nuit,à regarder la lune.Je m'en vais la regarder encore tiens,à mon balcon.Des gosses  dehors à cette heure?Le vieux bonhomme du rez-de-chaussé est hypnotisé par la télé, avec sa bière, comme toujours,tout le temps,sauf quand il est à sa fenêtre à vociférer après les mômes qui jouent.Ca existe vraiment,des vieux,seuls et aigris,devant leur télé toute la journée.Et des filles comme moi,ailleurs,dans mon immeuble ou à l'autre bout du monde, seules elles aussi et peut-être bientôt aigries,devant leur pc à pleurer en écrivant tout et n'importe quoi.

Pas de médicament miracle.Pas de Dieu non plus.Pas l'amour d'un homme.Rien qui puisse me faire renaître.Juste mes lous qui sentent bien que ça ne va plus.Même ça, je leur inflige.Je n'arrive pas à surmonter cette tristesse,je le sais bien.Et c'est pénible pour tout le monde,et ça me met dans une colère noire.Je m'en veux,je ne me supporte plus.Pas etonnant finalement ce vide autour de moi.Il me reste quoi? Ma cervelle.Ma compagne,quelle adorable compagne qui me grignote,me torture sans me laisser de répit.Oh tiens,derrière elle,il y a une petite fille.Elle me rappelle quelqu'un.C'est moi...c'est moi.

Je suis là.Je dessine.J'écris.J'écoute de la musique,la voix des anges.Je galope à tout va dans de lointaines steppes,je découvre d'antiques citées,je serre une épée dans ma petite paume.Oui,je suis petite,mais j'ai la rage d'un adulte.Je n'aime pas tout ce monde autour,cruel,mesquin.Je les deteste.Juste bons à se faire du mal,à tout détruire,à ne penser qu'à eux,à mentir,à noircir mon âme.

Je regarde ma feuille.C'est une fée.C'est une déesse égyptienne.C'est une heroïne de manga.C'est une aventurière.C'est une beauté à la Mucha.C'est une amazone.J'ai grandi.Je ne suis aucune d'elles.C'est moi derrière.J'ai grandi.Je suis passée là,très vite, en pensant que ce serait eternel,cette innocence,cette magie de l'innocence,de l'amour gratuit.Je me suis trompée.Comme toujours.Je me trompe toujours.Ca ne me sert pas de leçon.Jamais.Je recommence.Je me livre,sans demi-mesure.Et je tombe.Je donne,et je tombe.Ca fait un mal de chien.

 

Ah non,il ne me reste pas que ma cervelle.Il y a mon coeur aussi.Encore pire.Bon sang ce que l'on est bêtes lui et moi !! Drôle de coeur que le mien.Parfois il me conforte.C'est bien continue à suivre ton instinct.Mais je l'écoute cet idiot.Le soleil va revenir,tu verras.Et je l'écoute encore.Et puis on t'aimera comme je sais aimer.Mais tais-toi !! Ferme-la une bonne fois pour toute ! Disparaîs !! Meurs !! Laisse moi.....comment faut-il que je te le dise?! Je veux prendre le contrôle.Je veux décider,seule,sans toi.Je veux oublier toutes ces foutaises sur l'amour.

Ok.Il gagne.Il gagne encore.Je vais bien finir par me résigner.C'est bon,je suis à terre.Je baisse les armes.Je regarde là haut.Encore à mon balcon.Encore la lune.Mais elle,contrairement à moi,peut embrasser du regard  tout ceux que j'aime.Il me reste mes pensées.Et si elles s'envolaient vraiment vers eux? Tombant sur leur tête comme un charme,une onde celeste.Et puis tout à coup,une boule là,au ventre.Un sentiment plus fort ,inconnu jusqu'à maintenant.Est-ce possible? Puis-je donner plus encore qu'auparavant? Je refuse.Inutile.A quoi bon? Je ferme les yeux.Je secoue la tête.Je refuse.Non,je reprend le combat.Mon coeur ne doit pas vaincre cette fois.

Mince.Je suis seule.J'écris,je déverse,je vomis.Tout est éparpillé.Et aucune réponse à mes questions.

Je tarde à aller me coucher,mes yeux me brûlent.Je veux m'en griller une dernière.Tiens,Beck sur radioblog "everybody 's gotta learn sometimes".Ca tombe mal.Je ne vais rien apprendre ce soir.Je regarde ce type,là.Putain d'ange.

Je vais m'en vouloir,me dire que je chope la cerise,si ça n'est pas déjà fait.Je m'en remettrai.Ce sera juste un bleu qui fera mal quand j'appuierai dessus.Les bleus,je connais bien.Les claques,les coups.Oui,je connais bien.Je m'en remettrai.Je ne vais pas crever avec ça.Non,ça n'en vaut pas la peine.Je ne ferai ce plaisir à personne.

Non,je ne vais pas crever.Je vais aimer.Tant pis si je n'ai rien en retour.Au moins ce ne sera pas le néant.Et puis,j'écrirai encore.

 

 

Par Nadia - Publié dans : humeurs
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Lundi 14 mai 2007

Minuit...je suis accoudée à la fenêtre de ma chambre,Un néon bleu  éclaire les escaliers de secours exterieurs.Je regarde ces fumées blanches évadées des entrailles de New-York.Sous la pointe diamant de mon phonographe,un air de Dizzy Gillepsie.Je m'allume une cigarette,enfile mes salomées,une fourrure et un manchon,il est temps de sortir.

Sur les trottoirs,je croise quelques "poules" aux bras de leur macs,non loin du " Cotton-club"."Jimmy les mains blanches", petit dealer habitué du quartier ,gare sa Dodge et m'apostrophe.Nous nous saluons.Il sait que je ne touche pas à sa poudre,ses intentions sont autres.Je le laisse me débiter son baratin habituel,non Jimmy,je ne monterais pas dans ta voiture.Je le quitte sur une oeillade complice et continue de flâner.Mes talons claquent sur le macadam et croisent ceux d'une tête bien connue,une très bonne amie,"Mimi l'éffrontée".Oui ,allons boire un verre,pourquoi pas?

L'acier chromé des portes du bar réfléchit la lumière des lustres et derrière ses vitres polies,glissent les silhouettes des passants. Nous nous installons sur de confortables banquettes de velour rouge.Le serveur,une serviette immaculée sur l'avant-bras, prend nôtre commande.Nous patientons en écoutant le solo du trompettiste,déchainé derrière les pupitres pailletés de l'orchestre.L'air est lourd des éffluves de parfums capiteux,gomina et cigares.Mimi me raconte ses aventures amoureuses,un rire éclatant découvre alors les dents blanches sous le rouge à lèvre carmin de sa bouche.Nos verres arrivent enfin,nos langues se délient d'autant plus.

Une jeune femme au regard perçant et à l'allure féline fend la foule qui danse devant nous,suivie d'un homme en complet à rayures grises,borsalino vissé sur la tête.Nous les avons reconnus et d'un geste de la main,attirons leur attention.Elie "le chat noir" et  Aede dit aussi "Dédé les méninges" prennent place à nos côtés.La fête bat son plein.Elie sort son fume-cigarette,Aede gratte une alumette.Des nouvelles?Oui,Dédé ne travaille plus au Daily-News,il monte sa boîte.Elie et lui veulent créer leur propre magazine,"Ananké".Une belle équipe se monte,scribouillards en tout genre viendront noircir de leurs lignes les pages encore vierges de leur bébé.Oui,noir,tout y sera noir comme ces âmes perdues qui s'agitent autour de nous.

La nuit est déjà bien avancée.Nos coupes de champagne sont vides.Il reste quelques clients dans la salle.Le pianiste caresse du bout des doigts son instrument .Une admiratrice s'approche nonchalante,et glisse une carte dans la poche de son gilet.Une employée passe le balais,une autre papote avec une collègue ,ses pourboires pour la soirée sont bons,elle emmènera sa comparse voir King-Kong au Radio-City-Music-Hall de New York,il parait que la bête est terrifiante.Nous sortons.Mimi va passer au Cotton-Club,un rendez-vous.Aede et Elie se tiennent par la taille.Me ramener?C'est gentil mais je préfère continuer à pied,besoin de me dégriser.

Qu'à cela ne tienne,ils m'accompagnent un bout de chemin.Me voilà presqu'arrivée,je les embrasse tendrement.Nous nous revoyons demain, "le chat noir" et moi avont besoin d'un nouveau chapeau,les bibis à la Coco-Chanel font des ravages.Un dernier au-revoir.Je traîne des pieds,d'ailleurs je vais retirer mes chaussures,elles me font mal.L'ombre des grands escaliers metalliques flanqués aux murs de mon immeuble s'etire sous les lumières des réverbères.J'ai entendu quelque-chose.

Dans l'obscurité,quelqu'un est assis sur les marches.Je m'arrête net.Mon souffle s'accélère.Mon coeur commence à battre la chamade.Je le sens ,le sac relevé contre ma  poitrine.Peut-être aurai-je le temps de sortir le cran d'arrêt que m'a refilé Mimi?Je glisse ma main sur la soie,puis délicatement sur le fermoir.cette carrure.C'est un homme.Il se lève.Je recule,abandonnant mes salomées là où je les ai posées.Finalement,j'ai bien fait,s'il faut courir,je serais plus rapide.

Il s'avance.Je le distingue mieux desormais.Deux grands yeux noir me fixent.Je sais que je ne fuierais pas.Je sais qui il est.Je ne fuierais pas.Je vais m'approcher,mon visage contre le sien et relever cette mèche de jais sur son front.Mes faux-cils vont effleurer ses joues et mes mains les siennes.Il m'attendait,il attendait que je vienne l'embrasser.Sous ses baisers,je me dérobe.Je le laisse me guider pour monter les marches,je l'ai dans la peau.A l'interieur de ma chambre,le disque de Dizzy saute et crépite.Mes lèvres rejoignent à nouveau les siennes,nos deux corps sur le lit blanc.Le jour se lève,blafard.Il commence à pleuvoir.J'ai un léger sursaut.Dehors,mes chaussures! J'ai oublié mes chaussures......

 

 

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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