Demat deoc'h

  • armelezour
  • : 06/10/2006
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Dimanche 24 février 2008







Je me suis endormie au seuil de l'antre sybillin des génies du crépuscule.Le silence sur les prés lors que s'épanche doucement la mante des nuits enchanteresses. 


Sur mes paupières glissent leurs mains ténues,dans le delicat bruissement de leurs ailes diaphanes.Ils viennent murmurer le nom secret qui,de leur royaume éthéré,ouvrira les portes.

 

Un soupir pour emporter mon âme au delà des allées couvertes,jusqu'aux cercles de pierres,et demeurer là,sous le dôme constellé. 

 

Un lai psalmodié,substrat d'ancestrales homélies pour animer leurs danses et me réveler,en totale béatitude,l'Absolu.  

 

Je me suis éveillée à l'aurore naissante sous la caresse d'une aile noire.L'une s'etait déployée sur mes songes,l'autre me montre l'horizon tandis qu'émerge la face aniline du soleil.  

 






Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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Jeudi 24 janvier 2008

 

 

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Il m'a dit:
 
Marche sur les collines après moi,vois où je te mène.
Marche après moi,je danse sur les pierres face à la mer.
J'ai toujours su courir sur ces étendues chaotiques.
 


Je lui ai répondu:
 
Tu es l'immensité des flancs bruns où deferle l'ecume opaline.
Ces vastes espaces trouvant leur place dans tes bras car tout ici est à ta mesure.Il n'est pas un battement de ton coeur qui ne réponde au ressac,pas un seul de tes regards qui ne sache embrasser la plénitude du ciel sans en absorber sa lumière mouvante.
 

Il m'a révélé:
 
Ceci est aussi ma terre,vois quel est mon pays...
Son appel bouleverse,il donne le vertige à ceux qui n'en sont pas.
J'en suis,enfant béni.
 


Je confiais dévouée:
 
Aux hégires antiques,tu en fus l'éclairé souverain.
Il suffit de te voir gravir les rochers où se nichent les oiseaux.Leur chant mélancolique te célèbre,te voici couronné par l'envol des mouettes et des goëlands.A l'horizon,les dernières bribes du soleil couchant s'enlacent en une cape pourpre.Elle semble épouser tes larges épaules tandis que je te contemple au loin.
 

Il m'a dit:
 
Marche le long des falaises escarpées,vois où je te mène.
Marche après moi,nous sommes seuls au milieu de l'océan.
Des quatres coins du monde soufflent les alizés.

Je lui ai répondu:
 
As-tu commandé le vent afin qu'il ne me laisse pas pleurer?
Il sèche mes larmes avant même qu'elles  puissent glisser sur mes joues froides.Qui suis-je pour meriter pareil spectacle? Ivre d'amour au seuil des rivages bruts,bercée par le ruissellement des sources.Les méandres de leurs cours cisèlent les plaines aux herbes denses et s'abandonnent dans les flots vert de gris.
 


Je vois où il me mène.
Je marche après lui.
 
Mes pas dans les siens,le long des sentiers aux liserés d'ajoncs et d'essarts mordorés.
Les masures,les marais et les champs bordés par les murets de pierre sèche.
Le sel sur nos lèvres,l'odeur acre du goëmon drainant entre les galets.
 
Mes pas dans les siens,sous l'orbe épanouie d'une douce lune.
L'air semble vibrer en cette inaltérable nuit.
Le murmure des vagues.Elles viennent caresser la peau luisante d'une plage,jusqu'à nos pieds.
Plus sourde est leur musique au loin et l'eclat metronome d'un phare balaie le manteau constellé de la sorgue.
 
Mes pas dans les siens,je le laisse entrer dans notre éphémère demeure.
Je l'observe derrière la fenêtre,cadre de mes chimères inavouées,si fragile obstacle entre nous.
Le voici devant l'âtre,à la lueur des flammes.
Guerrier au large front,mon seigneur,mon aimé,je le sais serein,reposé devant l'essentiel,là où le silence est maitre.
 
Debout dans la nuit,je chuchote et le prie:
 
Oui,le silence est maitre.Il sera bien assez temps de t'arracher à moi une nouvelle fois.Puisse les Dieux dans leur mansuétude m'amputer définitivement de cette douleur.Qu'en mes rêves seulement tu demeures desormais,dansant sur les pierres,face à la mer.
 
Tu as toujours su courir sur ces étendues chaotiques.

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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Samedi 5 janvier 2008

 

 

Depuis trois cycles de lune accomplis,elle courait derrière lui.Nombre de vallées,de  forêts avaient été arpentées.Un ciel pour chaque paysage,une langue et une race pour chaque contrée.La saison etait propice aux longues marches.Un soir,à la chaleur d'un bon feu,ils devisaient.La chasse avait été bonne,il etait temps de boire ce vin acheté dans la dernière citée traversée.Le breuvage debordait des hanaps.Au dessus du brasier,la viande gresillait,piquée sur leurs lances.Les nuits se faisaient plus rassurantes,plus douces, mais celle-ci d'avantage encore que les précédentes.Depuis peu,le vent poussait les nuages à l'Ouest, vers les Monts Hurleurs,éminences anilines aux brumes éternelles,laissant scintiller au dessus d'eux,une kyrielle d'étoiles.


L'alcool commençant à la griser totalement,elle s'allongea sur son manteau .Son compagnon de route avait detaché la ceinture où pendait le fourreau ouvragé de son épée.Eméché lui aussi,il sortit la lame de son ecrin.Elle contempla amusée la danse de l'homme et de son arme,l'un et l'autre chantant.Titubant en riant,il la leva à bout de bras,comme pour percer,entre les ramures noires des arbres,le ventre blotti de la lune.Puis il s'afaissa lourdement sur son paquetage,tête la première.Rassemblant les dernières bribes de son esprit embué,il prit soin de poser l'épée à ses côtés.La lueur des flammes faisait frémir l'acier.Comme envoutée,la femme ne pouvait en détacher son regard.Du pommeau jusqu'à la garde,deux créatures fantastiques s'enlaçaient pour finalement se faire front,deux serpents ailés,à tête d'équidés coiffés de bois de cerfs.Au fort du plat de la lame etaient gravés des glyphes qui lui etaient inconnus.Jamais elle n'avait vu plus magnifique instrument de guerre.Quand enfin le guerrier paraissait s'être endormi,ivre mort,elle même se laissa doucement emporter par le sommeil.


Puis,la nuit touchant à sa fin,une chouette,perchée non loin de leur campement,hullula par trois fois,ce qui eut pour effet de la tirer d'un mauvais rêve.Il lui semblait avoir entendu quelqu'un murmurer.Elle crut d'abord qu'elle ne s'etait pas tout à fait remise de son cauchemar.Quelques minutes passèrent,et les murmures se firent de nouveau entendre.Peut-être s'agissait-il de son acolyte? Rampant silencieusement vers lui,elle examina ses lèvres.Sa bouche ne bougeait pas.Il lui sembla alors urgent de se saisir de sa lance et de  le réveiller pour lui faire part de son inquiétude.Mais ce faisant,elle ne put s'empêcher d'observer à nouveau l'épée.Nul do^^ute n'etait plus possible:la voix venait directement de l'arme et prononçait son nom.Subjuguée par ce prodige mais totalement asservie à l'appel,sa main tremblante glissa sur le sol pour effleurer la lame.Alors qu'elle parvenait presque à s'en saisir,l'homme attrappa son poignet dans un geste brusque et ferme,sans mot dire.Elle sursauta et retira aussitôt sa main de l'étreinte et le regard farouche,tenta de se justifier,en proie à une colère honteuse,encore troublée par l'évènement mais gênée de s'être fait surprendre:

« -Je ne voulais pas! C'est elle! Elle a parlé! C'est sortilège! Elle chuchotait mon nom!

- En es-tu certaine?

-Par les Dieux je ne suis pas folle! J'en jurerai sur mon honneur! Qu'est-ce donc que cette magie? Qui es-tu vraiment? Je t'ai suivi car tu m'as sauvé la vie lors que j'etais aux prises d'une horde de brigands,je t'en suis redevable avant de te quitter,mais tu m'as l'air desormais bien plus dangereux qu'eux!

-Ne crains rien,aucun maléfice n'est à l'ouvrage.Et si l'épée t'a appelée,c'est que tu es digne de connaître mon secret.

-Un secret? Et quel est-il? »

L'homme se redressa et scruta longuement la lame où miroitaient les etranges symboles dont elle etait frappée.Leur éclat se réflétait sur sa peau brune,s'évanouissant à mesure que l'aurore étirait son voile amethyste et pourpre sur la face grise des pierres levées alentour.

« Les " hommes peints" m'ont légué cette arme.

-Ceux des Hautes Terres? Les Enfants Bénis?

-Oui,eux-mêmes.Il est vrai que l'on nous surnomme également ainsi.»

Les yeux ecarquillés,elle semblait ne plus toucher terre.Se ressaisissant un instant,pour la première fois depuis leur rencontre,voici qu'elle venait se blottir à ses côtés,telle une enfant qui attend de se voir conter une histoire merveilleuse.Fascinée par cette révélation,elle le devisagea comme jamais elle n'avait osé le faire auparavant:

-Tu es donc de leur clan?

-Oui.Je suis né auprès des mers sans fin,à l'Ouest.Bien au delà des Monts Hurleurs.

-Alors vous existez vraiment? Des êtres si éloignés de nous que les âges passant,vôtre nom semblait n'être plus qu'un mythe dans la bouche des bardes.Il est dit qu'après les Monts,la terre disparaît dans un gouffre insondable,sur la sphère des démons!

-C'est ainsi qu'en tout temps,nous fûmes préservés des hommes.

- Je comprend mieux maintenant pour l'épée.Les légendes racontent que ton peuple connait et maitrise les mystères de l'Autre Monde,qu'ils sont les mages et les esprits du visible et de l'invisible.On dit aussi que vos Dieux sont plus puissants que les nôtres,que vous en êtes les enfants,gardiens de leur royaume et de leurs trésors,dont ton épée doit être tirée.Mais je le conçois desormais et à mieux te regarder, j'aurai dû me douter.

-Ah oui? Et à quoi vois-tu cela? Tout en moi est similaire à ton image.

-Non...tes yeux...l'eau de tes yeux! Depuis le premier jour,l'iris bleu de tes yeux joue avec la lumière de chaque lieu traversé.Cependant,ton regard ne change pas sous le fil noir de tes cils.C'est là le regard des génies! »

Tandis qu'elle s'exprimait ainsi,ses doigts frôlaient sans pudeur le visage de celui à qui elle s'allouait insensiblement.Le geste restait innocent et empli d'admiration.

« Raconte moi ton pays et ta fratrie! »

Il lui répondit qu'il etait tout comme le sien et que rien ne differenciait réellement les hommes de ceux de son espèce.Ils connaissaient les mêmes états d'âme,les mêmes sentiments.Bientôt,chez lui,tous allaient nourrir la terre.Moment propice pour que les devins puissent augurer dans le vol des oiseaux noirs.Ils pouvaient ainsi psalmodier et par le verbe pénétrer les rêves des humains pour les avertir des périls ou des joies à venir.Il lui narrait également la beauté de ses terres,peuplées de la même faune et de la même flore qu'en tout lieux et lui affirma que chacun connaissait les vertus à en tirer.Qu'ils en etaient les précepteurs depuis la nuit des temps,comme lui messagers désignés,parfois rôdeurs sans maitres,parfois bardes,guerrisseurs et sorciers.

« Ce que vous savez,nous vous l'avons enseigné.Vous avez pu vivre en harmonie avec le monde car nous vous l'avons révélé.

-Et quels sont ceux qui vous portent? Quels Dieux priez vous?

-Tu fais erreur en pensant qu'ils sont différents des vôtres.D'une peuplade à une autre,leurs noms changent,mais ils demeurent les mêmes,immuables piliers de nos existences.La vérité est qu'il est  " un " Dieu, père et mère de tous les êtres.Ses premiers enfants sont les Amants Eternels,frère et soeur des vents et de la foudre.Elle est l'eau bienfaitrice des sources souterraines,il est le soleil tutélaire.Lorsqu'il descend la rejoindre,à elle il s'unit.Le tonnerre grondant dans les ténèbres est le témoin de leur étreinte.Quand,en plein zenith,brûlant de passion,l'astre des jours ne peut attendre d'avoir terminé sa course dans le ciel,l'orage eclate et les nuages prennent sa place,afin de le laisser aller à elle.Les nôtres,ceux de ton monde et du mien,craignent dès lors ne plus jamais retrouver sa face éclatante car retenue à jamais.C'est pourquoi ils tremblent de voir les éléments ainsi se déchainer.Leur peur est plus grande encore lorsque,pris d'un elan d'amour inouï,il disparaît aux yeux de tous,trou noir et béant dans l'azur.Mais nul être vivant ne sera jamais oublié par lui,par elle.De l'union des deux amants,chaque nuit,naissent les étoiles.Sa bien aimée ,à l'aube,le laisse devorer son éphémère progéniture et la lune leur nourrice.C'est en les sacrifiant sans trêve qu'ils partagent ainsi vôtre peine face à vos propres morts,par compassion pour vous.Par là même,ils vous gardent toujours en mémoire.»

La femme se leva,offrant son visage aux premiers rayons d'un soleil qui venait tout juste de s'extirper des tréfonds de la terre.Elle ne put retenir quelques larmes,dans le silence d'une profonde et humble reconnaissance.Comme imprégnée du souffle divin,elle prit la parole à son tour,prophétisant :


« Mais il est dit aussi qu'à la fin des temps,l'Unique aura pitié de cet holocauste et les laissera se fondre eternellement l'un dans l'autre.Le soleil absorbera sa compagne pour l'emmener,nimbe vaporeuse,auprès de leur rutilante descendance.Et nous serons poussière invitée au bal des astres aimants.Toi,comme moi... »

 

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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Lundi 26 novembre 2007

 

 

Il etait gigantesque et beau.Ses vastes ramures semblaient aussi bien épouser le firmament qu'embrasser le sol.Guirlande bistre et mouvante,les corbeaux de s'y percher,gardiens de ses secrets.Sous la terre d'une plaine sans nom,couraient ses racines,des lieues à la ronde.

L'arbre noir.

Aux premiers cris de l'univers,la farandole du petit peuple,matrice alchimique,fit croître son tronc noueux.La lune glissait,aimable et rieuse entre ses branches.Le soleil l'abreuvait de ses ondes ambrées.Le vent l'invitait allègrement à ses jeux.La pluie l'enlaçait tendrement,dans la quiètude d'un souffle nouveau.Au delà du monde visible,face aux mers terribles,il siegeait,souverain des chimères. Enfant de l'absolu,assoifé d'essentiel, de vérité.


Un soir,sur le sillage des nébuleuses antiques,à la mesure des hymnes scandés par les esprits thaumaturges,elle vint pour se pencher sur sa face obscure.Entre ses doigts délicats : l'Amour,nimbe fremissant de douceur et de gloire.

L'étoile.

Vestale ondulant d'un pas mélancolique,elle esperait asile dans l'entrelac de ses rameaux.Pour elle il fut créé.Pour l'étreindre.A lui elle fut menée,pluie d'argent sur le feuillage de jais.Jusqu'à l'absorption,l'alliance,l'extase.Et il en fut ainsi : l'arbre noir,ancré en son royaume,l'étoile,seule fleur entre ses bras immenses.Il en fut ainsi...jusqu'à l'éveil.
 

Nul ne sait qui l'a voulu,ni même pourquoi,mais ils furent jetés là,parmis les hommes,humains à leur tour,arrachés l'un à l'autre.Sans souvenir des songes d'antan,tout juste l'essence imperceptible de leur rencontre,les voici en quête de leur reflet,de leur echo.Un fleuve aux violents soubresauts,un gouffre pour les séparer,d'une rive à l'autre,aveugles rôdeurs,rêveurs desespérés.

 

Mais l'incommensurable amour réclamait son dû,à chaque cycle,chaque Age,marquant leurs coeurs de son empreinte inaltérable.Les mains peu à peu de se rejoindre,leur monde onirique de se bâtir,comme aux temps révolus.Il caressait de nouveau son sein de lumière,mais une fois encore,il etait trop tard.D'autres visages dévoués,d'autres bien-aimés avaient jalonné son chemin.

 

Les portes d'airain du royaume d'amertume,sur eux,se sont fermées dans un grincement sinistre.Comme elle a pleuré de l'autre côté,assise à l'ombre de cette cruelle frontière! Elle se languit de lui maintenant qu'il a posé ses lèvres sur son âme.Il la désire maintenant qu'elle l'a révélé à lui même.


Ailleurs,l'arbre noir.
Son ecorce se fend,laissant s'extirper lentement des larmes de sève blonde.

Ailleurs,l'étoile.
Son eclat disparait,sombrant peu à peu dans une nuit abyssale,murmurant:


"Gwezenn Du! Gwezenn Du! Voici quel est ton nom! Entends ma complainte arbre noir! La mort ne sera rien.A travers le miroir des illusions,je reviendrai.Gwezenn Du te chuchoterai-je inlassablement à l'oreille.Afin qu'aux premices d'une autre vie,nous puissions nous retrouver,à jamais."

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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Lundi 19 novembre 2007

Crains,mon enfant,le verbe empoisonné de la souveraine des illusions funèbres.Si ton âme,torturée par de chaotiques pensées,laisse l'amour céder la place à l'amertume, elle invoquera les esprits tourmenteurs aux abords des marais de tristesse.Par leurs suppliques obsédantes,ils te harceleront,et ce, jusqu'à t'en déchirer le coeur.Si tu venais à t'apitoyer sur le sort de ces cadavres décharnés,cénacle méphitique dans l'eau poisseuse,ils n'attendront qu'un geste imprudent de toi.Si,accablé et hanté,tes pieds frôlent les rives où les roseaux dissimulent leurs bras fameliques,ils enserreront tes chevilles pour t'enliser dans la vase glauque de leur dernière demeure.Ces maudits ont l'eternité pour pleurer encore leurs forfaits,les crimes qui les ont conduits là.



Horde supplicieuse au service du mal,ils se sont jetés sanguinaires à l'assaut de leurs frères.Ambition,convoitise,cupidité les ont convertis à leurs vaniteuses intrigues et les ont dupés.Aucun n'a survécu,aucun ne le devait,car ils ont mené ces combats dépourvus de noblesse.Le Vénérable en avait ainsi décidé,posant alors le sceau des souvenirs infâmes sur l'esprit des vagabonds indolents,laissant la rouille ronger les armes sinistres,le temps grignoter l'acier des armures,dévorer leur morgue.Passe mais hâte-toi,ne te laisse pas séduire par leur butin rutilant dans les ondes saumâtre.Les oiseaux au manteau d'ébène,campés sur les lances fichées dans le limon impur,te mettront en garde.Ne touche pas aux carcasses de leurs chars encore marqués par les chairs éclatées,oublie les visages des Dieux impies façonnés sur leurs boucliers rompus,consent à ce que la fange les recouvre,accepte-le sans regrets.



Ne te retourne pas et avance.Eloigne-toi de ces dangereux travers,ceux qui animent tes entrailles de leurs douloureux soubresauts,larve noire tapie dans ta cervelle,esperant ton abandon pour croître et suinter,dans l'absolue conquête de ton être.Nul ne sait où te meneront tes pas mais si,en ton sein,l'espoir inexorablement se débat,sâche qu'il existe d'autres pays de légende,aux vastes steppes,aux prairies généreuses,ventres féconds aux pieds des monts brumeux.Là-bas,les routes épousent les flancs de la nuit et ses astres cléments. Guidé par les étoiles jusqu'aux lueurs des campements, tu trouveras le réconfort dans la bonté des visages croisés,des mains tendues,des hommes au regard rieur,des femmes au sourire franc.



Comme leurs voix sont douces à l'aube !I ls louent la danse du vent,lui qui accompagne le vol de leurs oiseaux de proie.Ils célèbrent aussi la marche du soleil,celui qui pose sa couronne cuivrée sur leurs fronts remarquables.Ils sont la lumière de leurs soies et de leurs brocarts,la force , la grâce de leurs jeux martiaux,l'élégance de leurs joyaux ciselés,le plaisir de leurs mets rassasiants.Nobles cavaliers dréssés sur leurs chevaux intrépides,empereurs de toutes les contrées,ils naissent aux pieds des monts d'orient,mais c'est la terre des plaines d'occident qui recouvre leur morts et leur cortège équestre,animaux chimériques aux parures divines.Le mystère des mondes sacrés réside dans la bouche des conteurs sans âge.Ecoute leurs récits épiques,assieds-toi à l'ombre de leurs tentes et ferme les yeux.La musique d'un monde nouveau se disperse dans les méandres indomptables des fleuves,caresse le galbe des forêts de jade,prélude allié à la danse des insaisissables volutes d'encens,ondulant sur les fresques enigmatiques des Anciens. 

 

Ouvre tes bras à la liberté promise.Ici,tu trouveras la paix.

Par Nadia - Publié dans : mes écrits
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